Spruce Goose : l’hydravion en sapin


Hughes Aircraft voulait révolutionner l’aviation en construisant le plus gros hydravion transport de troupes. Une épopée spectaculaire qui se termina le bec dans l’eau.

Le Hughes H-4 Hercules était un hydravion à coque surdimensionnée pour transporter des troupes militaires, construit aux États-Unis au milieu des années 1940. La dernière grande folie du fantasque milliardaire américain Howard Hugues, passionné d’aéronautique et pilote à ses heures. L’idée de départ est de transporter 750 soldats et deux chars Sherman, rien que ça ! Mais Boeing arrive avec son mythique B-17E surnommée « la forteresse volante » et ruine le projet. Qu’à cela ne tienne, Hughes réoriente le projet en hydravion permettant ainsi de contourner le problème des longueurs de piste pour l’attérissage.

Howard Hughes en 1947

Avec 97,54 mètres, c’est à l’époque le second plus grand avion du monde en termes d’envergure après le Stratolaunch (117 mètres), mais il reste le premier en termes de hauteur. C’est également l’avion le plus célèbre de Hughes Aircraft. Fabriqué presque entièrement en bois, il fut baptisé « Spruce Goose » (L’oie en sapin) par la presse. 

Une arrivée spectaculaire

Le dimanche 2 novembre 1947, Long Beach en Californie, une foule se masse sur le quai fait face à l’océan Pacifique. Il y a là des journalistes des industriels et même quelques stars Hollywoodiennes comme Cary Grant. Ils sont les invités personnels de Howard Hugues, le magnat du cinéma et de l’aéronautique le plus excentrique des Etats Unis. L’homme le plus riche des Etats-Unis sait recevoir. Ses invités sont reçus avec un porte-cigarettes et un briquet en or massif. Sous la tente, le champagne coule à flots. On a du abattre des arbres et déplacer des poteaux électriques pour laisser passer ce monstre volant avec ses 66 mètres de long, ses 97 mètres d’envergure, son aileron arrière s’élevant à 26 mètres au-dessus de la quille, ses 8 moteurs développant 3.000 chevaux chacun et ses 8 hélices de 5 mètres de haut en impose !

Un vol poussif

Dans quelques instants, Howard Hugues va prendre lui même les commandes de l’« oie en épicéa », du nom du bois qui a servi à sa construction.  La première tentative est un échec et laisse présager du pire, l’hydravion ne décolle pas. La seconde est la bonne, l’avion grimp à 21 mètres et reste en l’air environ une minute, en parcourant 1 600 mètres à la vitesse de 129 km/h. Selon certains avis, son unique vol à faible hauteur n’aurait été possible que grâce à l’effet de sol, l’avion étant sous-motorisé pour s’élever plus haut. Le projet est abandonné. 

Howard Hughes dans son « Spruce Goose » le 2 novembre 1947,
pour un rase-moquette de 1600 mètres

Il est aujourd’hui exposé au musée de l’aviation et de l’aérospatiale de McMinnville, dans l’Oregon.

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