Apollo Theater : panthéon de la musique noire


Quel est le point commun entre Ella Fitzgerald, Billie Holliday, James Brown, Ray Charles ? Ils ont tous chanté au Théâtre Apollo, cette salle légendaire située en plein Harlem, à New York. Avec le Madison Square Garden, c’est l’autre salle mythique de New York. De prime abord ce petit établissement ne paie pas de mine. Une devanture un peu délabrée et  1500 fauteuils seulement à l’intérieur.

Entre fin 1865 et début 1866, c’est une salle de bal, appelée Apollo Hall, ouverte par un ancien général de la Guerre de Sécession, Edward Ferrero. Une fois son bail achevé, en 1872, le bâtiment est converti en théâtre, qui ferme ses portes  au début du nouveau siècle.

Le lieu est repris à partir de 1932 par Sidney Cohen puis par Brecher and Schiffman en 1935. Il est renommé Apollo Theater. Dès lors, la musique noire américaine est accueillie avec succès et l’Apollo theatre devient un haut lieu new yorkais du jazz classique où se succèdent les big bands de Count Basie et Duke Ellington. L’Apollo compte environ 1 750 places. Il est réservé à un public blanc. Peu à peu, la fin de la prohibition et l’effervescence du quartier à cette époque  favorisent le développement et l’évolution des clubs de jazz qui vont s’ouvrir à un plus large public et aux gens de couleur.

Ella Fitzgerald découverte au cours de l’Amateur Night @ The Apollo Theatre

En 1934, le théâtre ouvre ses portes aux amateurs avec l’ Amateur Night show : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Diana Ross & The Supremes, Gladys Knight & the Pips, Patti LaBelle, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Aretha Franklin, Ben E. King, The Jackson Five sans oublier James Brown se succèdent. Ce dernier reviendra sur la scène de l’Apollo en 1962 enregistrer à ses frais son disque Live at the Apollo devant 1 500 personnes déchaînées. Tous ont fait leurs premiers pas sur scène grâce à ce concours organisé tous les mercredis soir à l’Apollo Theater.

Un candidat pendant l’Amateur Night de l’Apollo

De cette histoire des lieux est née une expression emblématique, utilisée comme slogan publicitaire et qui fera rêver beaucoup de noirs américains en quête d’ascension sociale : « Apollo Theater : where stars are born and legends are made » (« Le Théâtre Apollo, où naissent des étoiles et se créent les légendes »).

James Brown à l’Apollo Theater en 1962

Comme souvent le choc musical des années 70 vient perturber ce lieux mythique transformé en cinéma en 1975 avant sa fermeture en 1976.  Après son rachat en 1985, l’Apollo Theater retrouve, son aura perdue et remet au gout du jour l’événement qui avait fait sa gloire :  « La Nuit des amateurs ». Il est classée sur la liste nationale des sites historiques. Il reçoit la visite de 1,3 million de personnes chaque année. Barack Obama y est passé pour y prononcer un discours quelques mois avant son élection à la Maison Blanche. Tout un symbole.

Barak Obama à l’Apollo Theater

Share Button

Leave a Reply