Jackie : quand la french touch prend rendez-vous avec l’histoire


Jacqueline Bouvier naît le 28 juillet 1929 à Southampton, Long Island, dans l’Etat de New York. Fille d’un richissime agent de change de Wall Street, ses parents pâtiront de la crise de 29 sans pour autant finir sur « la paille ».

Un lointain ancêtre français

Jacqueline Bouvier et son père à un concours hippique.

Jacqueline est d’origine irlandaise et anglaise avec de lointaines origines françaises paternelles remontant à Napoléon 1er.

Un ancêtre ébéniste venu s’installer à Philadelphie en 1815 après avoir servi dans l’armée de l’Empereur. Il participera à la rénovation de la Maison Blanche suite à l’incendie de Washington. Il deviendra millionnaire grâce à la spéculation immobilière.

La jeune Jacqueline n’est pas dans le besoin. Cavalière émérite, elle est une élève studieuse passionnée par la littérature et la poésie.

En 1940, ses parents divorcent, John Bouvier ayant des attaches avec les bouteilles… et les femmes. Sa mère se remarie en 1942 avec le riche Avocat Hugh Auchincloss.

Des études en France à Grenoble et Paris

Jackie Bouvier en août 1951

En 1949, à 20 ans Jacqueline poursuit ses études au Vassar College qui lui offre l’opportunité d’étudier en France.

« J’avais découvert une passion pour l’Europe dont je doute qu’elle me quitte jamais »

Après des cours intensifs de Français à l’Université de Grenoble, elle rejoint Paris et la Sorbonne. Elle y approfondit la littérature française : « J’ai aimé cette année là plus que n’importe laquelle de ma vie. J’avais découvert une passion pour l’Europe dont je doute qu’elle me quitte jamais ».

A son retour de France en 1950, Jacqueline Bouvier poursuit ses études à l’Université George Washington et obtient un an plus tard un diplôme de littérature française. Elle parle également couramment l’espagnol et l’italien… ce qui s’avérera utile bien plus tard…

1er prix du concours littéraire de Vogue

A la fin de ses études, elle s’inscrit à un concours littéraire organisé par le magazine Vogue. Le thème proposé est « Les gens que j’aurais voulu connaître ». Elle choisit l’écrivain Oscar Wilde, le poète français Charles Baudelaire et l’impresario Serge de Diaghilev, fondateur des ballets russes. Elle gagne le concours face à 1300 concurrents.

En mai 1952, son beau-père Hugh Auchincloss fait jouer ses relations pour faire embaucher au Washington Times-Herald. Elle est chargée de questionner les personnalités de Washington sur des sujets polémiques comme l’Union sovétique, la guerre de Corée… A cette occasion, elle rencontre le vice-président  Nixon. A cette époque, ce travail lui rapporte 42,50€/semaine.

1952 rencontre avec JFK

En mai 1952, elle rencontre John Fitzgerald Kennedy, étoile montante du Parti démocrate au cours d’un dîner chez le journaliste Charles Bartlett (Prix Pulitzer 1956 pour ses révélations qui ont conduit à la démission de Harold E. Talbott comme secrétaire de la Force aérienne ). Elle a alors 23 ans, il en a 35.

Elu Sénateur en novembre, JFK se fiance le 25 juin 1953 avec Jacqeline Bouvier. Le mariage a lieu le 12 septembre 1953 devant 1000 invités. Hugh Auchincloss, son beau-père l’accompagne, lors du mariage dans son immense domaine de Hammersmith Farm, à Newport.

Après le voyage de noce à Acapulco, le couple s’installe à Georgetown, quartier cossu de Washington. Jacqueline suit alors des cours d’histoire américaine et de Science Po à l’Université. Ses relations avec sa belle famille ne sont pas toujours au beau fixe. Le clan Kennedy, très compétiteur, s’accommode mal au caractère plus doux de Jacqueline.

En 1955, Jacqueline fait une fausse couche… et le 27 novembre 1957 naît Caroline, 1er enfant du couple.

En jancier 1960, JFK annonce sa candidature à la Présidence des Etats-Unis. Jacqueline tombe enceinte. Kennedy gagne l’élection contre Nixon le 8 novembre 1960. Le petit John naît quant à lui le 25 novembre 1960.

First lady en janvier 1961

Le 20 janvier 1961, JFK prête serment. Le gala est organisé par Franck Sinatra himself et Peter Lawford (producteur et beau frère de Kennedy).C’est alors que débute la légende « Jackie ». Agée de 31 ans c’est l’une des trois plus jeunes first lady de l’histoire des Etats-Unis.

La maison blanche laissée par le couple Eisenhower ne fait pas preuve de modernité. Jackie va prendre les choses en mains et va introduire la culture.

La restauration de la Maison Blanche devient donc son premier grand projet. A l’aide d’une décoratrice, elle fait ajouter une cuisine et des chambres d’enfants. Elle organise des visites pour financer les travaux et publier un guide. Les jardins ne sont pas oubliés et notamment la Roseraie.

La culture française au cœur de la Maison Blanche

Influencé par ses origines et ses voyages en France, elle choisit des menus issus de la cuisine française et emploie des décorateurs et des cuisiniers d’origine tricolore.

Apothéose le 14 février 1962, au cours d’une émission su CBS, elle fait visiter virtuellement les appartements rénovés. L’émission bat des records d’audience.

L’incarnation mondiale de l’élégance

Jackie Kennedy en visite officielle en Inde en mars 1962

Véritable incarnation de la mode, Jackie fait honneur aux couturiers français tels que Chanel, Givenchy ou Christian Dior.

Elle excelle dans l’accessoirisation de ses tenues : lunettes over size, foulards Hermès noué sur la tête, collier de perles et sac Gucci en évidence. La griffe italienne lui dédiera d’ailleurs un de ses sacs le Jackie ! Son élégance fait fureur à l’international.

Visite d’Etat en France en 1961

Lors de sa visite à Paris, le 31 mai 1961, JFK n’est pas dupe de l’aura de son épouse.  Lors de ce voyage de 3 jours, l’excellente maîtrise du français fait l’admiration de tous et éclipse presque son mari.

« Je suis l’homme qui a accompagné Jackie Kennedy »

JFK a une phrase célèbre qui résume parfaitement la situation. Il déclare « Je suis l’homme qui a accompagné Jackie Kennedy. Et j’ai adoré ! ».  Le journaliste de Time magazine écrit « Il y avait également son compagnon qui venait avec elle ». Jacqueline démontre son intelligence, sa finesse et son goût pour les relations publiques.

Voyage officiel en France

Clint Hill, son garde du corps, racontera plus tard ce déplacement : « Son voyage officiel en France fut très réussi. La foule parisienne l’acclamait et je n’oublierai jamais les regards fascinés que lui ­lançait Charles de Gaulle lors du dîner d’Etat dans la galerie des Glaces à Versailles. Il était assis entre elle et le président ­Kennedy mais n’avait d’yeux que pour elle. Mrs. Kennedy parlait couramment le français. Le Général a succombé à son charme – comme d’autres chefs d’Etat plus tard ».

Pourtant, Jacqueline ne garde pas un souvenir impérissable du chef d’Etat français : « De Gaulle était mon héros quand j’ai épousé John mais il m’a vraiment déçue. Il était rancunier ». se confiera t-elle plus tard à l’historien Arthur Sclesinger en 1964. Lors de cette visite, le ministre de la Culture André Malraux s’engage à prêter la Joconde pour une exposition en janvier 1963.

Marilyn, le sexe chantant

Le 19 mai 1962, Marilyn Monroe est invitée pour chanter devant le Président à l’occasion de son 45ème anniversaire. Jackie décide de ne pas y assister connaissant pertinemment la relation qu’entretient son mari avec Marilyn.

C’est Rose Fitzgerald, sa belle-Mère qui la remplace pour la cérémonie. Ce soir du 19 mai 1962 personne ne peut rester insensible devant cette robe haute couture portée comme jamais. Marilyn se présente à la soirée avec une fourrure d’hermine blanche qu’elle a empruntée au département costumes de la Fox et de sa robe aux 2500 cristaux confectionnée par le couturier français Jean-Louis Berthault.

Après avoir abusé du Dom Pérignon dans sa loge, pétrifiée par le trac, Marilyn arrive avec 40 minutes de retard. Après plusieurs annonces infructueuses pendant lesquelles les roulements de tambours et les projecteurs éclairent une scène vide, Peter Lawford, le beau frère de JFK, présente enfin Marilyn : « Mr. President, the Late Marilyn Monroe ! ».

Marilyn chante alors le mémorable Happy Birthday et Thank you for the memory. JFK lui exprime sa reconnaissance en déclarant: « Maintenant que j’ai entendu un « Happy Birthday » chanté d’une façon aussi douce et agréable, je peux me retirer de la politique » .

Dans la deuxième saison de la série TV US Mad Men, on voit des publicitaires demander à des femmes si elles se sentent plutôt Jackie ou Marilyn, signe qu’à l’époque l’élégance et le sexy partageaient les femmes américaines.

 

L’assassinat de JFK

Jackie Kennedy et son mari à leur arrivée à Dallas

En août 1963, après la naissance puis la mort de son deuxième fils Patrick, Jacqueline qui vit sa vie accepte de rejoindre sa sœur Lee sur le Yacht de l’armateur grec Aristote Onassis. Elle ne réapparait en public que le 21 novembre quand elle accompagne JFK en campagne au Texas.

Le 22 novembre 1963, à bord de la Lincoln Continental découvrable, John et Jackie Kennedy roule sur la Dealey Plaza. Trois coups de feu éclatent. Le deuxième, fatal, atteint la tête de John Kennedy. Jackie tente par tous les moyens de s’échapper de la voiture et se rue saur la partie arrière de la Lincoln. L’agent Clinton J. Hill lui porte secours et la protège à l’arrière de la limousine qui part en trombe. Le Parkland Memorial Hospital déclare le décès de John Fitzgerald Kennedy.

Quelques heures plus tard, à bord de Air Force One,  Lyndon B. Johnson prête serment comme 36è Président des Etats-Unis dans l’avion au côté de Jackie dont le tailleur rose est encore maculé de sang.

Le 25 novembre 1963, lors de la Cérémonie, Jacqueline Kennedy se montre digne et toujours impeccable. John Junior, alors âgé de 3 ans, fait le salut militaire, cliché qui restera célèbre.

Le film « Jackie » retrace actuellement les instants vécus par Jackie après le décès de son époux. Ce Biopic est formidablement joué par l’actrice  Nathalie Portman qui reprend à merveille le phrasé si particulier de la première dame ( à voir en VO donc, extrait en bas de page).

Elle se retire alors avec ses enfants à New York dans un bel appartement de la Vè avenue. Le 20 octobre 1968, elle se marie avec Aristote Onassis qui entretenait une liaison avec Maria Callas et quitte les Etats-Unis pour la Grèce et la France.

En 1975 Aristote décède et  repart vivre à New York. Elle décèdera en 1994. Le mythe Jackie prend fin. Référence de la mode encore aujourd’hui, Mélania Trump s’est inspirée de la robe bleue de Jackie pour la cérémonie d’intronisation de son mari Donald à la tête des Etats-Unis.

Sa culture, son style irréprochable et son sourire resplendissant font d’elle encore aujourd’hui la référence des first lady. Et vous, êtes-vous plutôt Marilyn ou plutôt Jackie ?

 

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