• Buick Riviera : GM contre-attaque


    Au début des années 60, Ford avait réussi son pari avec la Thunderbird en convainquant les automobilistes aisés, mais pas nécessairement riches, qu’ils méritaient de garer une voiture statutaire dans l’allée de leur maison. La personal luxuary car était née. La combinaison de performances et de luxe de la Thunderbird avait contraint General Motors de déployer à la hâte quelques modèles concurrents comme la Pontiac Grand Prix, l’Oldsmobile Toronado (traction avant) et la Buick Riviera.

    Buick Riviera de 1963

    Coupé sportif haut de gamme à la ligne spécifique, la Riviera est entièrement nouvelle dans son concept et son design. Conçue par Bill Mitchell, le tout nouveau vice-président du stylisme chez General Motors, la Riviera a été imaginée à l’origine pour ressusciter la marque La Salle. A ce titre, elle devait être construite par Cadillac. Le projet échoue finalement chez Buick et s’installe au sommet de la gamme de la marque, dont elle sera le modèle le plus cher jusqu’en 1973.

    Buick Riviera, voiture statutaire de General Motors

    Au sein du groupe General Motors la gamme Buick est positionnée au-dessus de la marque grand volume Chevrolet mais en dessous de la division luxe Cadillac. De 1955 à 1958, le nom Riviera est utilisé pour les modèles 2 et 4 portes hardtop sans montants centraux. De 1959 à 1962, le nom Riviera voit son usage réduit à un seul modèle de la gamme Electra 225. C’était le modèle 4 portes hardtop à six vitres. C’est donc en 1963 que le nom Riviera fait son apparition sur un modèle à part entière : la nouvelle “voiture personnelle de luxe” de Buick. La voiture connaîtra un grand succès et dépassera la T-Bird, avant d’être imitée par la Pontiac Grand Prix au sein même de General Motors.

    La Buick Riviera est lancée en 1963. Ici un modèle de 1965

    Des caches phares rétractables en 65
    Trois générations de Riviera vont se succéder sur une période de onze ans. Une mention spéciale est attribuée au modèle de 1965 avec ses phares avant rétractables dans les ailes. Un gadget qui faisait son petit effet. L’intérieur chromé et la planche de bord en pente douce contribue au luxe ambiant. La sellerie en cuir, la radio et les vitres électriques font partie de l’équipement de série agrémentés de badge spécifique « Riviera ».

    Les grilles des feux se séparent au milieu et rentrent dans la carrosserie

    Sous son capot, la Riviera accueille le V8 Buick de 401 ci de 325 ch. Il équipe déjà les Invicta, Wildcat et Electra. En option et en exclusivité sur la Riviera, ce moteur, est poussé à 340 ch. Cette mécanique devient la monte standard en 1964, alors qu’une version GS Gran Sport de 360 cv est lancée l’année suivante. Côté transmission, la boîte automatique à deux vitesses des débuts est remplacée par une Turbo-Hydramatic à trois rapports. Plus proches d’une Corvette que d’une Thunderbird, les performances sont remarquables, la voiture atteint les 200 km/h. La tenue de route de la Riviera n’est pas en reste, une fois n’est pas coutume au pays de l’Oncle Sam.

    Le cuir est en bonneplace agrémenté ici et là du badge “Riviera”

    Vers un style Boat-Tail Perdant du terrain sur sa rivale la Thunderbird, Buick fait subir à la Riviera une profonde métamorphose esthétique en 1966. La ligne évolue vers un profil fastback. En 1971, la Riviera fut complètement redessinée avec un arrière en V en pointe de bâteau. Très controversé, ce trait auquel tenait particulièrement Bill Mitchell, rappelait clairement le coupé Corvette Sting Ray de 1963. Les modèles de cette époque étaient d’ailleurs surnommés “Boat-tail”. A partir de 1974, la Riviera évoluera vers une ligne des plus traditionnelles perdant son esprit originel haut de gamme.

    Un look très années 70 pour la dernière mouture proposée à partir de 1971

    Le style Boat-Tail inspiré de la Corvette Sting Ray de 1963.

  • Buick 61 : montre toit !


    En 1961, Buick demande a des créateurs d’imaginer des toits décapotables stylisés pour son modèle Electra 225 Cabriolet de 1961.

    Le style était le facteur numéro un dans la vente de voitures dans les années 1950 et 1960. Sortir des sentiers battus était le premier travail chez GM Design. L’idée était aussi de séduire les femmes dans le choix des modèles. Il fallait que ces dernières fassent un peu de lobbying auprès du mâle dominant de la maison ! Du marketing pur et simple.

    L’idée n’a débouché sur aucune création en série. L’univers des hommes aurait-il été plus fort… On ne sait pas s’il s’agissait d’une proposition sérieuse de production ou d’une série de voitures d’exposition. Toujours est-il qu’un passionné de la maison GM a jugé bon de sauver ces clichés pour la postérité ! Un grand merci à lui.

    Dans les années 1960, Bill Mitchell, le père du projet Corvette Sting Ray, était à la tête de GM Design. La créativité était exacerbée entre les constructeurs, il n’y avait pas de limite. Ce n’était pas de vrais toits décapotables, mais plutôt un tissu tendu sur de la fibre de verre.
    On dirait aujourd’hui que la marque voulait faire le buzz… version pied de poule !

  • Davis Divan 1948 : la pantoufle


    La fin de la seconde guerre mondiale sonne le début de la récré. S’ouvre alors une formidable époque de créativité dans tous les domaines et notamment dans le secteur automobile. Chaque visionnaire imagine sa voiture du futur. C’est le cas de Glenn Gordon Davis qui propose en 1948 “Le Californien”, véhicule à trois roues pouvant embarquer 4 passagers.

    Véhicule à 3 roues

    En 1941, Joel Thorne, millionnaire et pilote automobile participe aux 500 Miles d’Indianapolis. Il confie à Frank Kurtis, futur fondateur de la célèbre écurie Kurtis-Kraft, la réalisation d’un prototype roadster à trois roues. A la fin de la guerre, Glenn Gordon Davis, ami de Joel Thorne et ancien vendeur de voitures, reprend le projet et décide de construire ce concept insolite en série. Il fonde alors la Davis Motor Car Company, s’entourant d’une petite équipe de jeunes ingénieurs pour lancer la production.

    4 personnes de front

    L’auto baptisé “Le Californien” n’a rien à envier à la tendance des années 30 intitulé “Streamline design” qui a donné naissance à de magnifiques locomotives, bateaux ou bâtiments chers à Raymond Loewy. Le toit est amovible, les phares sont escamotables à l’intérieur et permet d’embarquer quatre personnes de front sur l’unique banquette avant appelé “Divan” ce qui donnera le nom au modèle. Les trois roues sont dissimulées sous la carrosserie entièrement en aluminium. La seule roue avant assure la direction, les deux roues arrière sont motrices.  La suspension avant et l’essieu arrière rigide absorbent sans faillir les bosses et rendent la conduite agréable.

    La Divan portait bien son nom : 4 places de front !

    Les premières Davis Divan sont propulsées par un moteur quatre cylindres de 47 chevaux de marque Hercules puis les suivantes par un 63 ch de marque Continental, accouplé à une boîte manuelle à trois vitesses. La voiture frise les 80 km/h. Peu coûteuse, économique, aux performances intéressantes, vendue à un prix attractif, cette grosse pantoufle se présente comme la voiture alternative.

    La Davis Divan avait 3 roues et atteignait les 80 km/h.

    La Davis Divan fait les bonnes pages du magazine LIFE. Au final treize exemplaires sont produits avant que l’entreprise ne se fasse rattraper par la patrouille. Les dépenses publicitaires ont raison de la survie de cette drôlesse. Les salaires des employés ne sont pas versés… et Gary Davis se retrouve en 1948 reconnu coupable de 20 chefs d’accusations et passe deux années en prison. Clap de fin.

    La Divan a fait les gros titres du magazine LIFE.

    La vidéo promotionnelle (ci-dessous) montre pourtant à quel point l’auto était révolutionnaire. Un bijou technologique. Une autre histoire, en tout point similaire, fera bientôt parler d’elle : celle de la Tucker 1948. Les créatifs ont la vie dure.

    13 exemplaires et puis c’est tout.

  • Buick Skylark 1953 : 50th Buick anniversary


    La Buick Skylark 1953 est le modèle anniversaire pour les 50 ans de la marque. Un modèle haut de gamme hyper équipé sur une base de Buick Roadmaster uniquement disponible en décapotable.

    Qualifié de sport, en dépit d’un poids certain, sa ligne très élégante et ses équipements offraient ce qu’il y avait de mieux à l’époque : direction et freins assistés, transmission automatique Twin Turbine Dynaflow, vitres, antenne et siège à commande assistée, radio AM avec recherche de stations, système électrique de 12 V, roues Kelsey-Hayes à rayons du plus bel effet et le premier V8 322 ci à haute compression de Buick (188 ch) avec carburateur quatre-corps. Le tout, Messieurs-Dames, pour la modique somme de 5 000$ soit l’équivalent de 50 000€ aujourd’hui.

    Présentée au Motorama GM de 1953 Sa grande bouche chromée, caractéristique du modèle en faisait sa signature comme le V chromé caractéristique de l’époque sur les ailes. La roue de secours était montée à l’extérieur de la voiture, derrière le coffre, sous une housse spéciale. À l’intérieur, le Skylark présentait presque toutes les caractéristiques proposées sur le Roadmaster.

    Le volant très “Art deco” de la Skylark

    Véritable voiture optimiste, à l’ère flamboyante du Jazz américain, ce canon de beauté, qui se plaçait à l’époque entre Chevrolet et Cadillac, perdurera jusqu’en 1998.

  • Pontiac Bonneville : esprit Corvette


    Au début des années 1950, GM décide de positionner sa marque Pontiac comme étant des “Automobiles Sportives et Excitantes” ! L’idée est d’attirer une clientèle plus jeune dans les showrooms. Une beauté en est l’illustration: la Pontiac Bonneville special.

    Inspiré des voitures des records de vitesse du Bonneville Salt Flats, Harley Earl charge alors les designers Homer LaGasse et Paul Gilland de créer une voiture de sport spectaculaire.

    Le résultat est à la hauteur avec deux concept-cars “Pontiac Bonneville Special”, un rouge et un vert, construits sur le châssis de la nouvelle Chevrolet Corvette avec une carrosserie en fibre de verre. La Pontiac présente un cockpit “bubbletop” et un huit cylindres en ligne 268ci de 230 chevaux équipé de quatre carburateurs.

    Lancée au Motorama de New York city de janvier 1954 à l’hôtel Waldorf-Astoria, le concept rouge a fait sensation. Laverie sera présentée quant à elle à l’Auditorium Pan Pacific de Los Angeles, en Californie.

    À l’intérieur, la Bonneville Special s’inspire de l’aviation. Les planchers sont en aluminium brossé, le levier de la transmission automatique Hydra-Matic ressemble à la commande d’un train d’atterrissage… et l’instrumentation comprend une horloge, une boussole et une jauge de température multiple le tout acheté chez Boeing s’il vous plaît pour gagner du temps.

    À l’extérieur, le premier concept était recouvert d’une couche de peinture cuivre rouge métallique avec une plaque d’immatriculation de l’Utah en hommage au Lac salé de Bonneville situé dans cet Etat… Parmi sa caractéristique la plus notable, on ne pouvait pas rater la sortie d’échappement digne d’un avion de chasse !

    Les deux Pontiac Bonneville Spécial étaient destinées à être broyées comme cela était courant pour les concept cars à cette époque. Toujours est-il que les concepts ont été sauvés, restaurés et vendus à millions aux enchères dans les années 2000. Inespéré !

    Le concept car Bonneville aura le privilège de participer à la Parade du Progrès initié par General Motors pour présenter les produits du futur (espace, électro-menager….). Cette exposition itinérante rassemblait des gigantesques Bus Futurliner servant d’espace d’exposition.
  • GMC L’universelle 1955 : combi de rêve


    De l'avis général on a pas fait mieux que le Combi Volkswagen. Faux. Il suffit de fouiller dans les archives de Général Motors pour trouver une perle de fourgonnette : Le GMC L'universelle.
    
    GMC est la filiale de General Motors pour la fabrication de camions et pick up. L'Universelle est le premier show-car de la marque. C'est en 1955 à l'Hôtel Waldorf de New York que General Motors présente son "Universelle". 
    
    Le design trés réussi emprunte certains éléments aux Pontiac et Cadillac, mais les montants inclinés sont une référence directe au Breack Chevrolet Nomad issu du concept car de 1954 Chevrolet Corvette Nomad. Une des caractéristiques du véhicules est l'ouverture en aile papillon des portes latérales. 
    
    L'ensemble "moteur boite" est placé à l'avant du véhicule sous les sièges passagers. Placer le groupe motopropulseur de la fourgonnette à une extrémité permet au plancher d'être abaissé pour faciliter l'entrée des passagers et le chargement du matériel.
    
    Le GMC L'Universelle est un mix stylistique entre une berline haut de gamme GM et un fourgon utilitaire. Il a été conçu comme un concept car spectaculaire pour les Motorama GM de 1955 de Boston, New York, Miami, Los Angeles et San Francisco. Animé par un V8 Pontiac de 180 ch le système de refroidissement était situé à l'arrière du conducteur et incliné vers le ciel où les ventilateurs du plafond aspiraient l'air extérieur. Showtime !
    
    Une mise au point complexe qui en a fait sans doute un concept mort né, trop compliqué à mettre en production. Il faudra attendre 1961 pour en voir une copie moins sophistiquée avec le Chevrolet Corvair Greenbrier L'Universelle de GMC n'a donc jamais été produit, mais bon nombre de ses caractéristiques ont été repris sur les futures voitures et camions GM et notamment les fameux pare-chocs Dagmar et leurs ogives. Il serait sans doute devenu un modèle collector.
    En haut de page GMC L’Universelle en mars 1955 devant le Pont de San Francisco
    GMC L’Universelle : un combi qui ne manque pas de charme présenté au Motorama de 1955
    Break Chevrolet Corvette Nomad de 1954 qui inspira le GMC
  • Mustang California : caprice de l’Ouest


    Méconnue, spéciale, clivante, tels pourraient être les adjectifs qualifiant la Ford Mustang California Special de 1968. Une drôle de commande émanant de la volonté d’un seul homme : Lee Gray.

    Durant la brillante carrière de la Ford Mustang dans les années 60, les chiffres parlaient d’eux-même : 20% des ventes se faisait en Californie. En 1967, Ford présente, sous la houlette de Caroll Shelby, le concept Shelby 500 GT batisé Little Red.

    Caroll Shelby, vedette des Muscle cars, adulé par les enfants.

    Mercury Cougar, voiture de l’année 1968, a donné ses feux arrières à la California Spécial

    Caroll Shelby produisait ses propres Mustang sous sa marque en leur donnant un style plus personnalisé et « haute performance ». La 500 GT est son chef d’oeuvre.  Motorisé par le plus puissant moteur qu’une Mustang ait jamais eu sous son capot : un V8 Ford Police Interceptor de 428 ci (7 L) de cylindrée affichant une vitesse de pointe de 325 km/h. L’arrière subit quelques modifications. Les légendaires feux à trois bâtons sont abandonnés au profit des feux de la Mercury Cougar de 1967 (qui fut élue voiture de l’année).

    Lee Gray, responsable des ventes de Ford pour l’État de Californie, a le coup de coeur pour le bolide de Shelby. Il lui vient alors une idée fumante : produire un modèle spécifique pour la Californie. Sans nuance, Gray rencontre Lee Iacocca, qui a piloté le lancement de la Mustang pour Ford, et obtient le feu vert de ce dernier pour son projet. Elle sera baptisée GT/CS comme California Special.

     

    Mustang GT/CS 1968 brochure publicitaire

    Elle est présentée au Century Plaza Hotel de Los Angeles le 15 février 1968. Carroll Shelby en achète une en avril 1968 et l’utilise comme modèle de développement avec des suspensions arrières indépendantes et un moteur à injection, peu courant à l’époque.

    La GT/CS est proposée avec des 4,7 litres (289 cid), 6,4 litres (390 cid) et Cobra Jet 428 (7 litres) V8. Produite à 4 11 8 exemplaires, 251 d’entre elles sont rebadgées en High Country Special (HCS) pour le Colorado.

    En raison de sa rareté, c’est aujourd’hui un modèle très recherché qui se négocie en bon état autour de 35 000 euros.

     

  • Bonneville : le lac de tous les exploits


    S’il y a un lieu atypique dédié à l’automobile chez l’Oncle Sam, outre Indianapolis, c’est bien le lac salé de Bonneville. Lieu incontournable le plus célèbre au monde pour les tentatives de record de vitesse, il accueille tous les ans au mois d’août la célèbre Speed Week.

    Le Bonneville Salt Flats est une plaine couverte de sel située à l’est de West Wendover dans l’Utah. (Utah). Il y a plus de 10.000 ans, le lac salé de Bonneville s’est asséché  avec le réchauffement climatique. Bonneville devint alors une plaine recouverte d’une épaisse couche de sel pouvant atteindre près de 2 mètres en plusieurs endroits.

    La Blintzen Benz de Teddy Tetzaff l’As de Bonneville.

    En 1896, un certain W. D. Rishel recherchait un endroit pour le passage d’une course de bicyclettes à moteur entre New York et San Francisco. Les Salt Flats étaient la piste parfaite pour la vitesse pure. C’est ainsi que Teddy Tetzaff dit “Terrible Teddy”, tenta un record de vitesse en 1914. Il conduisit sa Blitzen Benz à 228 km/h.

    Le lieu connait peu à peu une certaine renommée grâce notamment à Malcolm Campbell qui y devient le premier homme à dépasser les 300 miles à l’heure (484,955 km/h) en 1935.

    Le lieu devient rapidement une référence en matière de record de vitesse. Après la seconde guerre mondiale, en 1949, les Salt Falts accueillent la toute première édition de la Speed Week. Chacun va de sa vieille gimbarde survitaminée bricolée au fond du garage du grand père. Le lieu s’organise et les machines deviennent de plus en plus sophistiquées.

    Speed week, 1951

    En octobre 1963, Studebaker y envoie une Avanti battre le record de vitesse pour une voiture de tourisme plus de 316 km/h. Une broutille alors que les véhicules turboréacteur font leur apparition. On y dépasse successivement les vitesses de 500 à 900 km/h.

    La Blue Flame qui dépassa les 1000 km/h en 1970.

    Dans les années 60, Craig Breedlove (966 km/h) se rapproche des 1 000 km/h. Cette vitesse fut atteinte en 1970 par Gary Gabelich sur la Blue Flame utilisant un moteur fusée. Pour atteindre de telles performances, une piste de 16 km de long est tracée. Une deuxième, en ovale est destinée quant à elle aux records d’endurance.

    Triumph Bonneville T120

    La Speed week est également accessible aux motos. D’ailleurs, c’est en septembre 1956 que Johnny Allen entre dans la légende au guidon de son Texas Cee-Gar, un streamliner propulsé par un bicylindre de 650 cm3 issu d’une Triumph Thunderbird. Atteignant les 345,5 km/h, le pilote offrit à la marque le statut de constructeur de deux-roues le plus rapide de l’histoire. Un record qui sera conservé pendant 14 ans. Pour fêter et mettre en avant ce record, la marque britannique décida alors en 1958 de nommer sa nouvelle moto : la Bonneville T120.

    Aujourd’hui la sélection est des plus sévères. Pour prétendre participer au run Bonneville 200 mph club il faut atteindre les 321 km/h. Le Bonneville 300 mph run est réservé quant à lui à l’élite susceptible d’atteindre 482 km/h. Ne pas oublier une rechange de freins.

    Malheureusement, rien n’est éternel. Les importantes pluies de ces dernières années ont entrainé des coulées de boues sur une zone habituellement utilisée pour la course, les Salt Flats doivent également composer avec une extraction minière très importante. Cette exploitation minière a affaibli la profondeur de la croute de sel et diminué sa qualité. Conjugué aux fortes pluies, la croute n’est aujourd’hui plus suffisamment solide pour organiser l’épreuve en toute sécurité. Année après année, il est difficile pour les organisateurs de trouver une piste de 10 km valide. Les Speed Week 2014 et 2015 sont annulées. La facture est salée.

     

     

     

     

  • Chrysler Falcon 1955 : Viper des 50’s


    Le concept car Falcon a été construit en 1955 par le bureau de style italien Ghia en trois exemplaires. La commande venait du Advanced Styling Studio de Chrysler chapeauté par Virgil Exner.

    Cabriolet sport deux places de 4,62m long est réputé pour ses formes pures comme sa grille de radiateur proéminente et ses pots d’échappement latéraux à vue. La calandre du concept car a d’ailleurs été adaptée pour les Chrysler 300 1957-1959, tandis que ses échappements latéraux ont été sortis du placard par la Dodge Viper en 1992…

    La Chrysler Falcon est une réponse à la Ford Thunderbird et la Chevrolet Corvette mais curieusement elle ne prendra jamais le chemin de la production. Le style très élégant était principalement l’œuvre de Maury Baldwin avec la grande calandre en forme de cœur. A noter que ailerons proéminents, du mouvement initié par Virgil Exner, “Forward Look” font son apparitions. Cet effet de style devait donner l’impression d’une voiture prête à l’action même stationnée.

    La caractéristique la plus remarquable du Falcon se trouve sous la peau de la voiture. Le Falcon transportait un V8 DeSoto Hemi de 170 chevaux à transmission automatique qui la transportait à 185 km/h. Elle avait des vitres électriques et des freins à disque pour freiner les 1500 kg de cette beauté dont le toit décapotable était actionné manuellement.

    Le Falcon était très équilibré avec une direction souple, rare à l’époque. Le seul défaut de la voiture se situait au niveau du pare-brise trop bas, bien pour les petits hommes mais pour les autres…

    Si Chrysler ne se décida pas à produire ce bijou c’est que les ventes à l’époque demeuraient satisfaisantes. Chrysler avait la réputation de faire des voitures mécaniquement à la hauteur mais passe-partout, devant plaire au plus grand nombre. La Falcon répondait à un marché de niche. Elle est sans doute arrivée trop tôt, la situation de Chrysler se dégrada deux ans plus tard. Un tel véhicule aurait sans doute permis alors de moderniser la marque.

     

  • Studebaker Avanti : reine de Bonneville


    En 1963, Studebaker envoie une Avanti traverser les Etats-Unis en long et en large pour promouvoir la robustesse des pneus Sears Allstate. La dernière étape de ce périple se termine au Lac salé de Bonneville, où Andy Granatelli, champion des 500 miles d’Indianapolis, pulvérise le record de vitesse à près de 316km/h.

    Mal aimé, mal produit, la Studebaker Avanti, lancée en 1962, est aujourd’hui un modèle recherché en raison de sa rareté et de ses lignes si particulières que l’on doit à Raymond Loewy .

    Raymond Loewy avec sa Studebaker Avanti

    En 1961 fut créé un prototype d’usine à partir du modèle en fibre de verre proposé par l’équipe de Raymond Loewy avec un moteur R-2 : l’EX 2942. Les panneaux de carrosserie furent moulés à partir du modèle d’argile du Studio de design de Studebaker à South Bend.

    Les pilotes féminines Paula Murphy et Barbara Niellant ont contribué à la renommée sportive de l’Avant en traversant le pays en un temps record.

    Le 10 août 1963, une Avanti est prise au hasard sur la ligne de montage puis est équipée des fameuses gommes Sears Allstate.  Elle est conduite par le journaliste Bill Carroll et les pilotes Paula Murphy et Barbara Niellant.  Paula Murphy s’élance de Los Angeles le 23 août et atteint New York 49h et 38mn plus tard établissant un record de vitesse d’un océan à un autre. La Studebaker repart ensuite pour San Diego, où elle arrive au bout de 52h et 9mn. Enfin, elle relie Tijuana près de la frontière mexicaine à Vancouver en 29h et 9mn, effectuant le trajet retour en 23h 38mn.In fine, la Studebaker termine son périple à Bonneville ou l’attend le champion d’Indicar Andy Granatelli venus avec trois Studebaker prototypées et suralimentées.

    Andy Granatelli et son Avanti prototypé

    Patron de Paxton products spécialisée dans les compresseurs, il met au point un nouveau moteur baptisé R-3. Ce nouvel avion de chasse battra 29 records de vitesse dont le mile à plus de 270 km/h. Ce fait d’armes fut présenté dans le film de la marque “Bonneville Record Breaker” (ci-dessous). Studebaker se proclama fièrement comme le fabricant de la voiture de série la plus rapide du monde avec freins à disques à l’avant s’il vous plaît. 

    Les trois coupés Avanti quee Granatelli avait acheminées incluaient une voiture d’entraînement, une voiture de secours et la voiture dédiée aux records. L’Avanti rouge présentée dans le film n’était pas la véritable voiture des records qui était, elle, couleur or. La voiture dorée le numéro «9» est celle des records et la rouge portant le numéro «8» son alter ego “promotionnelle”.

    L’Avanti n°9, celle des records

    Quelques mois plus tard, en octobre, Studebaker revient avec la R-5. Cette version,  la seule construite, était équipée d’ un moteur R-3 modifié avec un système d’injection de carburant directement issu de l’industrie aéronautique et équipé de deux compresseurs Paxton. Ce moteur devait produire 575 chevaux…avec parachute pour la décélération. Cette configuration devait permettre à Granatelli de passer les 322 km/h (200 mph). Malheureusement la voiture rencontra des problèmes de propulsion et ne put dépasser la vitesse de 316 km/h .

    Paula Murphy et sa Studebaker des records

    A noter que Paula Murphy deviendra la « femme la plus rapide du monde » avec une Avanti poussée à plus de 250 km/h. Lors de ce mois d’octobre plus de 370 records seront établis.


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