Bonneville : le lac de tous les exploits


S’il y a un lieu atypique dédié à l’automobile chez l’Oncle Sam, outre Indianapolis, c’est bien le lac salé de Bonneville. Lieu incontournable le plus célèbre au monde pour les tentatives de record de vitesse, il accueille tous les ans au mois d’août la célèbre Speed Week.

Le Bonneville Salt Flats est une plaine couverte de sel située à l’est de West Wendover dans l’Utah. (Utah). Il y a plus de 10.000 ans, le lac salé de Bonneville s’est asséché  avec le réchauffement climatique. Bonneville devint alors une plaine recouverte d’une épaisse couche de sel pouvant atteindre près de 2 mètres en plusieurs endroits.

La Blintzen Benz de Teddy Tetzaff l’As de Bonneville.

En 1896, un certain W. D. Rishel recherchait un endroit pour le passage d’une course de bicyclettes à moteur entre New York et San Francisco. Les Salt Flats étaient la piste parfaite pour la vitesse pure. C’est ainsi que Teddy Tetzaff dit « Terrible Teddy », tenta un record de vitesse en 1914. Il conduisit sa Blitzen Benz à 228 km/h.

Le lieu connait peu à peu une certaine renommée grâce notamment à Malcolm Campbell qui y devient le premier homme à dépasser les 300 miles à l’heure (484,955 km/h) en 1935.

Le lieu devient rapidement une référence en matière de record de vitesse. Après la seconde guerre mondiale, en 1949, les Salt Falts accueillent la toute première édition de la Speed Week. Chacun va de sa vieille gimbarde survitaminée bricolée au fond du garage du grand père. Le lieu s’organise et les machines deviennent de plus en plus sophistiquées.

Speed week, 1951

En octobre 1963, Studebaker y envoie une Avanti battre le record de vitesse pour une voiture de tourisme plus de 316 km/h. Une broutille alors que les véhicules turboréacteur font leur apparition. On y dépasse successivement les vitesses de 500 à 900 km/h.

La Blue Flame qui dépassa les 1000 km/h en 1970.

Dans les années 60, Craig Breedlove (966 km/h) se rapproche des 1 000 km/h. Cette vitesse fut atteinte en 1970 par Gary Gabelich sur la Blue Flame utilisant un moteur fusée. Pour atteindre de telles performances, une piste de 16 km de long est tracée. Une deuxième, en ovale est destinée quant à elle aux records d’endurance.

Triumph Bonneville T120

La Speed week est également accessible aux motos. D’ailleurs, c’est en septembre 1956 que Johnny Allen entre dans la légende au guidon de son Texas Cee-Gar, un streamliner propulsé par un bicylindre de 650 cm3 issu d’une Triumph Thunderbird. Atteignant les 345,5 km/h, le pilote offrit à la marque le statut de constructeur de deux-roues le plus rapide de l’histoire. Un record qui sera conservé pendant 14 ans. Pour fêter et mettre en avant ce record, la marque britannique décida alors en 1958 de nommer sa nouvelle moto : la Bonneville T120.

Aujourd’hui la sélection est des plus sévères. Pour prétendre participer au run Bonneville 200 mph club il faut atteindre les 321 km/h. Le Bonneville 300 mph run est réservé quant à lui à l’élite susceptible d’atteindre 482 km/h. Ne pas oublier une rechange de freins.

Malheureusement, rien n’est éternel. Les importantes pluies de ces dernières années ont entrainé des coulées de boues sur une zone habituellement utilisée pour la course, les Salt Flats doivent également composer avec une extraction minière très importante. Cette exploitation minière a affaibli la profondeur de la croute de sel et diminué sa qualité. Conjugué aux fortes pluies, la croute n’est aujourd’hui plus suffisamment solide pour organiser l’épreuve en toute sécurité. Année après année, il est difficile pour les organisateurs de trouver une piste de 10 km valide. Les Speed Week 2014 et 2015 sont annulées. La facture est salée.

 

 

 

 

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