• Little Richard : rockeur prêcheur


    Et voici un autre bastion du Rock n’roll qui disparaît. Little Richard, considéré depuis les années 50 comme l’un des pères du rock’n’roll est décédé samedi 9 mai à Nashville Tennessee d’un cancer des os à l’âge de 87 ans. Little Richard, de son vrai nom Richard Wayne Penniman mesurait en fait 1m80. Il a commencé par chanter du gospel avant de marquer les années 50 avec son style très rock’n’roll.

    L’artiste a influencé une grande majorité de ses successeurs et fait partie de la Dream team constituée de Chuck Berry (1926-2017), Jerry Lee Lewis, Fats Domino (1928-2017), Bo Diddley (1928-2008), Carl Perkins (1932-1998) et bien sûr Elvis Presley (1935-1977). En 1986, il participe à la fondation du Rock and Roll Hall of Fame, “le Musée et le Panthéon du Rock and Roll”, où il est intronisé.

    Né le 5 décembre 1932 à Macon, dans l’Etat de Géorgie, Richard Penniman est l’un des douze enfants (sept garçons et cinq filles) d’une famille où le quotidien est régi par de stricts préceptes moraux. Ce qui n’empêche pas son père, maçon, de vendre de l’alcool de contrebande et de s’occuper d’un club de la ville. Petit, de constitution fragile, avec une voix assez aiguë qu’il garde après la puberté, le jeune Richard Penniman reçoit vite le surnom de Little Richard lorsqu’il commence à chanter au sein d’une formation familiale de gospel dans les églises.

    Un jeu scénique extravagant

    A l’âge de 13 ans, il est chassé de chez lui et recueilli par des voisins. Il expliquera plus tard que c’était en raison de ses manières efféminées et d’une attirance naissante pour les garçons. Little Richard aura toujours du mal à assumer son homosexualité. En 1950, il rencontre le chanteur Billy Wright, dit le « Prince du blues » dont la coupe de cheveux bouffante, la fine moustache, les longues vestes et pantalons larges brillants inspireront sa propre apparence. Sa relation avec Wright lui permet de signer un contrat avec la compagnie RCA Records sans grand succès. Il apprend alors les rudiments de piano avec une attaque rythmique très marquée venue du boogie-woogie. Sa signature au même titre que sa voix.

    En février 1952, son père est assassiné devant son club. Little Richard trouve un emploi de plongeur et, le week-end, chante dans divers groupes. C’est avec The Upsetters, que sa réputation de sensation scénique gagne de l’ampleur. Il joue debout devant son piano, se démène, transforme le chant en hurlement. Devenu célèbre, il ne sera pas rare qu’il grimpe sur son piano, finisse ses concerts torse nu.

    La compagnie phonographique Specialty Records, à Los Angeles, s’intéresse à lui. Une séance d’enregistrement est organisée à la mi-septembre 1955 à La Nouvelle-Orléans, avec les musiciens de Fats Domino. C’est lors d’une pause que Little Richard aurait proposé Tutti Frutti, qu’il avait l’habitude d’interpréter depuis des années. Tutti frutti est un terme d’argot qui désigne un homosexuel, la chanson est explicite : «Tutti Frutti, good booty/If it don’t fit, don’t force it», en français : «Tutti Frutti, chouette popotin/Si ça n’entre pas, ne force pas». La classe…

    Pour l’enregistrement, le «good booty» devient «aw rooty», déformation argotique de «all right», le narrateur évoque désormais deux filles, Sue et Daisy, qui certes savent s’y prendre, mais dans un texte tout en sous-entendus.

    Des succès à partir de 1956

    Tutti Frutti grimpe à la deuxième place des classements « rhythm & blues » aux Etats-Unis. Suivront, en près de trois ans, pour Little Richard, ses principaux succès avec en 1956 Long Tall Sally, numéro 1 « rhythm & blues » comme Rip It Up (1956) et Lucille (1957), par ailleurs numéro 6 du « Top 100 », sa meilleure entrée dans ce classement général.

    Autres classiques, Ready Teddy, She’s Got It et The Girl Can’t Help It, qu’il interprète dans la comédie musicale du même nom réalisée en 1956 dans laquelle apparaissent aussi Eddie Cochran , Fats Domino et Gene Vincent et Jayne Mansfield  avec la même recette: mélodie au piano, solo de saxophone précédé d’un cri. Devenu riche, Little Richard achète une villa à Los Angeles et y emménage avec sa mère.

    Une vie de prêcheur

    En octobre 1957, lors d’une tournée en Australie avec Vincent et Cochran, Little Richard annonce qu’il abandonne les turpitudes du rock’n’roll pour se consacrer à Dieu. Specialty Records publiera jusqu’en 1959 plusieurs enregistrements réalisés avant ce retrait parmi lesquels Good Golly Miss Molly.

    Fin 1957, il prend des cours de théologie et rencontre Ernestine Campbell qui sera son épouse de 1959 à 1963. Ils adopteront le petit Danny Jones Penniman âgé de 1 an. Il commence à prêcher à partir de début 1958 et ne veut plus enregistrer que des chants traditionnels de gospel ou des compositions témoignant de sa foi. Plusieurs albums paraîtront, dont The King of The Gospel Singers, pour Mercury, réédité en 1965 sous le titre It’s Real. A l’automne 1962, Little Richard accepte toutefois de venir tourner en Europe en même temps que Sam Cooke.

    Little Richard en 1966

    C’est à l’approche des années 70 que sa fameuse coupe de cheveux prend des proportions « pompadouriennes » et ses costumes sont de plus en plus extravagants. Il revisite surtout ses titres et sort beaucoup disques Live. Sa créativité est mise à mal par l’alcool, la cocaïne et l’héroïne. Little Richard se soigne et reprend ses activités de prêcheur. Il enregistre un disque de chants de gospel en 1979. Au milieu des années 1980, il concilie sa foi et la pratique du rock’n’roll. Il enregistre même un disque de chansons pour enfants façon rock’n’roll, Shake It All About, publié en 1992 pour le label de la compagnie Walt Disney. Ses derniers concerts remontent à 2014, il apparaissait encore sur scène à l’occasion, pour témoigner de sa foi dans des églises et des émissions de télévision.

    Des copains français

    Tout au long de sa carrière, l’artiste a dévoilé de véritables tubes. On retient Tutti Frutti, son premier succès, Good Golly Miss Molly, Rip It Up ou encore Long Tall Sally. Ce dernier tube a inspiré le rockeur français Johnny Hallyday qui a dévoilé deux reprises : Sally (1964), disponible sur l’album Johnny, reviens !, et Oh ! Sally (1975) sur l’album Rock à Memphis. C’était aussi un copain d’Eddy Mitchell avec qui il chantera avec Johnny Halliday sur l’album Jambalaya la reprise Elle est terrible, comme sa vie !

     

  • Franck Sinatra : le gangster d’Hoboken


    Le 12 décembre 1915 c’est un beau bébé de 5,7 kg qui voit le jour à Hoboken, non loin de New York dans le New Jersey. Issu de parents originaires de Gênes au Nord-Ouest de l’Italie et de Catane en Sicile, le petit Franck Sinatra ouvre les yeux dans cette ville où irlandais, juifs, italiens se côtoient non sans mal. Très vite le petit Franck subit les quolibets racistes. A cette époque les italiens étaient considérés soit comme des gangsters soit comme des joueurs d’orgue de barbarie.

    Une jeunesse dans les bidonvilles

    A 8 ans, son père illettré ouvre un bar à qui il donne un nom irlandais le « Marty O’Brien’s Bar » et ce afin d’éviter d’être mal considéré. Franck commence à chanter au piano bar et reçoit ses premières pièces ! Au moment de la grande dépression, pour joindre les deux bouts son père escorte les convois de contrebande. Nous sommes en pleine période de la prohibition. La vie est très dure et Franck côtoie de près la misère et les bidonvilles qui se multiplient dans la ville. C’est en écoutant Bing Crosby qu’il se jure de devenir le plus grand artiste pour sortir de la misère.

    Les parents de Franck se démènent pour sortir la tête de l’eau. Sa mère devient sage-femme, interprète auprès des autorités pour les immigrés italiens et leurs différents dialectes et se mêle de politique locale, devenant déléguée démocrate dans l’équipe du maire de Jersey. Ils sont récompensés et Anthony Sinatra, son père, se voit offrir un poste de pompier.

    Les premiers groupes à 16 ans

    Mariage de Franck et Nancy Sinatra

    Franck Sinatra quitte l’école à seize ans au grand dam de son père qui rêvait d’aller à l’école.  Pour 60 $ il achète son premier micro et court les radio-crochets. C’est à cette époque qu’il rencontre sa future femme Nancy, cousine des mafieux John Barbato et Willie Moretti… En septembre 1935, il passe une audition à la radio. On lui propose d’intégrer le groupe des Hoboken Four. Ils partent en tournée pour 75$ la semaine. Mais Sinatra veut faire une carrière solo et quitte le groupe. Chassé par son père, il part pour New York, capitale de la musique. Il est alors embauché comme chanteur dans un Big Band, il se produit au Rustic Cabin, restaurant d’Englewood, dans le New Jersey d’août 1937 à juin 1939, année de son mariage avec Nancy. Alors qu’il prend des cours de chant trois fois par semaine, il fait la connaissance du fameux trompettiste Harry James avec lequel il se produit à Baltimore et enregistre une dizaine de titres. Sa carrière musicale décolle en 1940 lorsqu’il débute dans l’orchestre de Tommy Dorsey, tromboniste, avec lequel il reste plus de deux ans et enregistre une centaine de titres. Il fait deux apparitions filmées aux côtés de Tommy Dorsey et son Orchestre dans les films Las Vegas Nights (1941) et Ship Ahoy (1942). Le Sinatra aux yeux bleus et son inséparable Borsalino, connu également sous le nom de « Fedora », chapeau des gangsters italo-américains, devient l’idole des adolescentes avec ses chansons d’amour. Une bruelmania avant l’heure. Populaire, il ne tarde pas à quitter le groupe.

    Le Paramount Theater en guise de tremplin

    Le Paramount Theater lui propose alors de chanter au 1er de l’an avec Beny Goodman. Des scènes d’hystérie s’en suivent… Il est embauché pour 15 jours, on le surnomme déjà The Voice. Chaque foyer américain possède une radio. C’est le début du Hit Parade où Sinatra figure en bonne place. Il est engagé par les disques Columbia avec lesquels il réalisera près de 300 enregistrements entre 1943 et 1952.

    Franck Sinatra et Gene Kelly dans ‘Escale’ (Anchors Aweigh – 1945)

    Réformé par l’armée en 1943 pour Tympan perforé (de naissance), c’est à cette époque qu’il a un 2ème enfant : Franck Jr. Il appelle à voter Roosevelt avec Orson Welles auprès des jeunes et des italiens et se fait accuser de communisme aggravé. La RKO lui propose de tourner son 1er film : Amour & Swing. Il achète sa première villa en Californie. Repéré par la MGM, il tourne Escale à Hollywood en 1945 avec la star des claquettes Gene Kelly. La scène où les deux marins américains dansent sur des lits restera une scène d’anthologie. Un succès. Il se prend d’affection pour Sammy Davis Jr, danseur émérite de claquettes, qu’il prend sous son aile en lui trouvant des salles.

    Un Oscar en 1946

    Les invités de Franck Sinatra profite de sa piscine en forme de piano à queue.

    En 1945, il joue le personnage principal d’un court métrage de 10 minutes contre l’antisémitisme et sur la tolérance religieuse ; ce film The House I Live In, lui permet d’obtenir un Oscar d’honneur en 1946. En 1947, Sinatra  se fait construire une maison moderniste à Palm Springs. Conçu par E. Stewart Williams, la Sinatra House est un exemple spectaculaire d’architecture du milieu du siècle au cœur de Palm Springs. Ce domaine revendique le luxe de style du milieu du siècle avec une piscine en forme de piano. Elle fut le témoin de fêtes les plus prestigieuses de la vallée, avec les stars les plus brillantes d’Hollywood. Les Twin palms situés au bord de la piscine font la signature de cette villa. Frank Sinatra a souvent hissé son drapeau emblématique Jack Daniels sur un mât entre les palmiers jumeaux, ce qui indiquait … que le bar était ouvert aux copains. La maison a également été témoin de certains des combats les plus mémorables de Sinatra. L’un des plus scandaleux a été lorsque Frank a jeté les affaires de sa femme Ava Gardner dans l’allée après qu’elle ait tenté de le surprendre avec Lana Turner. La résidence a été entièrement restaurée.  Elle comprend le système audio et d’enregistrement d’origine installé par Valentino Electronics à Hollywood qui permettait d’envoyer directement à Capitol records les morceaux.

    Paradoxalement, c’est à cette période que la descente aux enfers débute. En 6 ans, Franck Sinatra a gagné la modique somme de 11 millions $, claquée en rien de temps. Ses frasques extra conjugales, ses bagarres avec les journalistes et sa propension à l’alcool ternissent sa réputation. La MGM le vire et ne veut plus en entendre parler.

    Ava Gardner son palier ego féminin

    Février 1952 : Frank Sinatra et Ava Gardner lors d’une soirée à Hollywood.

    En 1951, il rencontre Ava Gardner, son alter ego féminin, une femme de caractère avec qui il se marie. En 1951, il enregistre I’m a Fool to Want You, une chanson qui lui est dédiée. Entre passion et disputes, le couple fait l’actualité des manchettes de presse. Pour couronner le tout, sa voix casse en plein concert en 1952. Criblé de dettes, Sinatra passe deux ans à chanter dans des petites salles trois fois par jour pour rembourser ses créditeurs et chantent des duo mièvres avec la sculpturale Dagmar, présentatrice de télévision, qui a donné par la même occasion son nom aux fameux pare chocs américains en forme …. d’ogive. Au fond du trou, il doit son salut à Ava Gardner et vraisemblablement à la mafia sicilienne avec qui il entretient des rapports plus que douteux. Son rôle dans Tant qu’il y aura des hommes, payé 8 000 $ (le salaire d’un technicien !) aurait été obtenu grâce à une pression de la mafia sur le patron de la Columbia Pictures, Harry Cohn. Il est vraisemblable que l’intervention d’Ava Gardner fut aussi déterminante. Il obtient l’Oscar du meilleur second rôle en 1953 pour ce rôle.

    La Blonde ou la rousse en1957 avec Rita Hayworth et Kim Novak

    A partir de ce moment, tout redémarre. En pleine période maccarthiste anti-rouge Sinatra continue de s’impliquer contre le racisme des artistes afro-américains en jouant avec des orchestres noirs. Sinatra signe chez Capitol records et enchaine les tubes : I’ve Got You Under My Skin en 56, The lady is a tramp , tiré du film La blonde ou la rousse avec Kim Novak et Rita Hayworth en 57, année de son divorce avec Ava Gardner.

     

     

    Les virées à Las Vegas avec le Rat Pack

    Frank Sinatra and Elvis Presley en duo après le retour d’Elvis de son service militaire, 1960

    Très copain avec Bogart, alors décédé, Sinatra demande Lauren Bacall en mariage, la presse l’ébruite… Sinatra annule tout. En décembre 1958, il tourne Some Came Running de Vincente Minnelli, avec Dean Martin et Shirley MacLaine. En mai 1959 sort A Hole in the Head de Frank Capra. La même année, Sinatra tourne, en juillet, Never So, avec Gina Lollobrigida et Steve McQueen, puis, en août Can-Can avec Shirley MacLaine et Maurice Chevalier. En mars 1960, Sinatra, qui avait horreur du Rock n’roll, accueille Elvis Presley, à son retour du service militaire, lors du Timex show TV où ils chantent ensemble… contraint de surfer sur l’engouement pour le jeune artiste.

    Le Rat Pack au Sands de Las Vegas

    En juillet de la même année, il s’investit dans la campagne électorale de John Kennedy et organise le gala d’inauguration de la présidence. Grâce à son statut de leader du fameux Rat Pack, Sinatra a noué de nombreuses relations avec de puissantes personnalités américaines de son temps, des familles Kennedy ou Grimaldi (ami proche de Grace Kelly, il était le parrain de Stéphanie de Monaco), jusqu’aux boss de la mafia tels Willie Moretti, Lucky Luciano ou Sam Giancana, dont il fut un ami proche. Le terme Rat Pack fut d’abord utilisé pour nommer un groupe d’amis à Hollywood, organisé de façon assez informelle autour d’Humphrey Bogart, dont faisait partie le jeune Frank Sinatra. La légende dit que c’est Den mother (la mère) Lauren Bacall qui a donné ce nom au groupe en les voyant revenir d’une soirée à Las Vegas. Elle était la plus jeune du groupe et les trouvait fatigués, épuisés, hagards à tel point qu’elle aurait dit « You look like a goddamn rat pack » (Vous avez l’air d’un sacré tas de rats ). En 1960, le groupe comprenait Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Joey Bishop, Peter Lawford (beau frère de John F. Kennedy). Les relations étroites de Peter Lawford avec John F. Kennedy, celles de Frank Sinatra avec la Mafia, et le rôle qu’a joué le groupe lors de la campagne de John F. Kennedy pour les présidentielles, donnait au groupe une dimension politique. Les relations de Sinatra avec les financeurs et lobbyistes de la mafia, très présents dans les différents syndicats,  étaient précieux. Frank Sinatra s’attendait à entrer dans le cercle des Kennedy après l’élection. Il en fut pourtant exclu avec la nomination du frère du Président, Bobby Kennedy, comme Ministre de la Justice, un anti mafia notoire. Ce qui conduisit à l’exclusion du Rat Pack de Peter Lawford en 1962. Avec les Rat Pack Sinatra a fait Las Vegas.  Il fera admettre les musiciens noirs jusqu’alors exclus et hébergés à la sortie de la ville… Fats Domino, Quincy Jones, Nat King Cole intègrent peu à peu la programmation les grandes salles des casinos de Las Vegas comme le Sands.

    Dean Martin, Franck Sinatra, Peter Lawford, Sammy Davis Jr du Rat Pack

    Un fils enlevé en 1963

    Franck Sinatra lors d’une séance d’enregistrement

    En avril 1961, il enregistre le premier d’une longue série de disques pour son propre label, Reprise. Il fait une tournée mondiale en 1962 pour les bonnes œuvres, chante à la prison  de Laurel Hill, qui accueille exclusivement des prisonniers noirs et rencontre Martin Luther King lors d’un concert au Carnegie Hall de New York. Le 8 décembre 1963 le fils de Sinatra, âgé de 19 ans,  est enlevé par trois bras cassés au Harrah Club Lodge sur les bords du lac Tahoe, en Californie. Une rançon de 240 000$ est déposée sur un parking le long de Mullholland Drive à Los Angeles. Un des trois ravisseurs, Johnny Irwin, panique et décide de libérer la victime 2 jours plus tard. Le jeune Frank Sinatra Jr marche alors quelques kilomètres avant de tomber sur un agent de sécurité qui lance l’alerte. Le FBI se charge de récupérer le jeune garçon et le ramène dans un coffre de voiture chez ses parents pour éviter la cohue de la presse.

    Franck Sinatra et Mia Farrow

    Le 11 avril 1966, il grave Strangers In The Night, qui obtient plusieurs Grammy Awards. Il rencontre la jeune actrice Mia Farrow qui tourne alors une série. Elle a 21 ans et lui 50. Ils se marient en juillet 1966. En 1968, Frank Sinatra lui demande d’abandonner le plateau de Rosemary’s Baby tourné par Roman Polanski au profit de son film Le Détective ; il se heurte à un refus. Il lui présente alors les papiers du divorce sur le plateau de tournage de Rosemary’s baby. Le divorce est prononcé.

    Il enregistre le 30 décembre 1968 à Los Angeles, quelques heures avant d’aller fêter la Saint Sylvestre 1969, au Casino The Sands  de Las Vegas, My Way — chanson française s’intitulant Comme d’habitude coécrite par Claude François, Gilles Thibaut et Jacques Revaux en 1967 — et qui deviendra, par cette adaptation, un succès planétaire.

    Le gangster d’Hoboken n’a plus la côte

    Son album Watertown sorti en mars 1970 se vend à 30 000 exemplaires. Sinatra n’a plus la côte. Il fait ses adieux, le 13 juin 1971, lors de deux concerts donnés à Los Angeles en interprétant les 11 chansons de sa vie. Il décède le 14 mai 1998 à Los Angeles. Le « gangster d’ Hoboken », son autre surnom, aura bien vécu. Entre vie de famille (il aura eu 3 enfants), luxe, alcool, stars de cinéma, politique et mafia, Franck Sinatra aura été un condensé de l’Amérique. Personnage trouble il aura alterné ses passions troubles avec la mafia, sa relation plus qu’ambiguë avec Marilyn Monroe qu’il n’aura pas ménagé, avec un réel engagement pour la cause des noirs et des minorités.

    Franck Sinatra devant sa Ford Thunderbird

  • Jackie Wilson : Mr Excitement !


    En voici un autre showman ! Après James Brown ou Chuck Berry, Jackie Wilson, Jack Leroy Wilson Jr. de son vrai nom, a offert à l’Amérique sa flopée de tubes dynamiques entre  Rythm n’ blues et la musique soul.

    Né le 9 juin 1934 à Détroit dans le Michigan. Fils unique, d’une mère qui avait perdu deux enfants avant lui et d’un père absent et alcoolique, le petit Jack voit ses parents se séparer alors qu’il a 9 ans. À cette époque, il rend souvent visite à ses grands-parents à Columbus et s’extasie devant la  chorale locale de Billups Chapel. Comme Aretha Frankin, Billie Holiday ou Ella Fitzgerald,  le salut vient de l’Eglise ! Il forme un petit groupe, les Ever Ready Gospel Singers, qui devient populaire dans les églises locales de la région.

    Ecole buissonnière, alcool et chant au programme

    À l’école, son absentéiste, son goût prononcé pour l’alcool, sont aussi populaires que ses tours de chant, préférant zoner avec les copains. Il abandonne l’école à l’âge de 16 ans. Sa mère se remarie avec un ouvrier de l’usine Ford . Une demi-sœur, Joyce fait alors son apparition.

    Jackie Wilson devient père en 1951 à l’âge de dix-sept ans, après la naissance de sa fille Jacqueline Denise, qu’il a avec son amour d’enfance  Freda Hood.  Il aura trois autres enfants avec elle par la suite.

    Jackie se fait connaître en 1953, alors qu’il remplace Clyde McPhatter, au sein de Billy Ward & the Dominoes, un groupe vocal. Dans ce groupe, il est à la fois chanteur et producteur. C’est à ce moment qu’il prend son nom de scène  Jackie Wilson.

    Elvis Presley deviendra le gransd ami de Jackie Wilson

    Comme beaucoup d’autres jeunes noirs de cette période, Jackie se distingue par une fougue et un enthousiasme en dépit de la ségrégation raciale vécue par les jeunes artistes noirs américains. Il rallie des petits groupes locaux où il croise de futures pointures : Levi Stubbs (son cousin en est un. C’est le futur chanteur des Four Tops). A  dix-neuf ans, son jeu de scène et sa technique vocale s’améliore. Lors d’un concert à Las Vegas en 1956, sa reprise de Don’t Be Cruel impressionne Elvis Presley, à tel point que le « King » en modifiera son interprétation.

    Son plus grand succès Reet Petite

    Jackie Wilson avec The Blossoms

    En 1957, à vingt-trois ans, Wilson commence une carrière solo, et signe avec la maison de disque Brunswick Records. Le premier single de Wilson sort en août 1957, le single s’intitule Reet Petite de son tout premier album solo He’s So Fine. L’album n’est pas un franc succès mais sera vénéré à l’étranger bien des années plus tard. La chanson écrite par un ancien boxeur, Berry Gordy, Jr. Ce dernier n’est autre que le futur fondateur de la maison de disque Motown. Il produira également To Be Loved, I’m Wanderin’, We Have Love, That’s Why (I Love You So), I ‘ll Be Satisfied et sa chanson sortie fin 1958, Lonely Teardrops, tube qui culminera 7e au classement top pop charts, et  1er au top R&B charts.

    Entre femmes et règlements de compte

    Jackie Wilson en concert à Los Angeles

    En février 1961, Jackie se fait tirer dessus par une de ses maîtresses, Juanita Jones, un rien jalouse, alors qu’il rentre à son appartement de Manhattan avec une certaine Harlean Harris, ex-fiancée du chanteur Sam Cooke à qui il donnera un fils en 1964. Dans les années 60, Jackie Wilson sort un album tous les ans, et se produit aux quatre coins des États-Unis. Son dernier grand succès est Higher And Higher en 1967 année de son mariage avec Harlean Harris.

    En 1970, Wilson perd son fils alors âgé de 16 ans. Jackie sombre dans la se remet à boire et consommer de la drogue. Le 29 septembre 1975, sur la scène du Latin Casino dans le New Jersey, alors que Jackie commence à chanter son tube Lonely Teardrops, il s’effondre victime d’une attaque cardiaque. Il tombe dans le coma, avec d’énormes séquelles le privant de la parole et de la mobilité de ses membres. En dépit de l’aide d’Elvis Presley qui l’appréciait énormément, il reste dans un état végétatif jusqu’à sa mort le 21 janvier 1984 à l’âge de 49 ans.

    Showman, colérique, abusant de la bouteille et des femmes, Jackie Wilson aura rencontré Reet petite la plus belle fille jamais rencontrée, l’Amérique aura rencontré le déhanché de Mr Excitement  qui inspirera Elvis Presley et Mickaël Jackson.

     

  • Sam Cooke : c’est un Soul man qu’on assassine


    Samuel Cook, est né le 22 janvier 1931 à Clarksdale dans l’État du Mississippi.  Fils d’un pasteur baptiste, il a sept frères et sœurs. Alors qu’il n’a que 2 ans, la famille part s’installer à Chicago. Dès son plus jeune âge, Sam témoigne d’un goût et d’un talent certains pour le chant. Merci papa. Il fait partie, avec trois de ses frères et sœurs, d’un groupe baptisé The Singing Children. Adolescent il rejoint les Highway QCs, groupe gospel local. En 1950, fort de cette expérience, il se fait remarquer et rejoint la formation des Soul Stirrers.

    Le chanteur, qui a ajouté un « e » à son nom de scène, explose. Gagnant en maturité et en confiance au sein du groupe, il devient une star aux yeux de la communauté noire américaine. Cooke veut pourtant conquérir un public plus large… mais la ségrégation fait rage et il est surtout difficile à cette époque pour la communauté noire de s’émanciper du gospel et de la relation à Dieu qu’il entretient.

    Poussé par « Bumps » Blackwell, le producteur de Little Richard, il rejoint le monde de la pop, du R&B et de la soul sous le pseudonyme de Dale Cooke. C’est donc sous ce pseudonyme qu’il enregistre Lovable, son premier single solo, en 1956. La supercherie est vite démasquée, et le ton « pop » du titre fait scandale. Art Rupe, le puissant producteur à la tête de Specialty Records, le label des Soul Stirrers, n’est pourtant pas hostile par principe à une carrière en solo de mais l’ambition du jeune chanteur et les divergences d’envies finissent par avoir raison de leur relation. Sam Cooke quitte le groupe et son label.

    Un premier album en 1958

    Le label Keen engage le jeune chanteur début 1957. L’affaire se révèle très vite bonne. Sam Cooke enregistre ensuite, sous son véritable nom cette fois, You Send Me. Le titre, figure sur la face B de sa reprise de Summertime. Un succès. Le titre passe six semaines en tête des ventes R&B ce qui amène Cooke à sortir, début 1958, son premier album.

    Durant les deux années qu’il passe chez Keen, Cooke commercialise quatre albums sur lesquels figurent nombre de ses œuvres les plus marquantes : You Send Me, Wonderful World, Only Sixteen, For Sentimental Reasons, Crazy She Calls Me. L’artiste, excellent dans l’écriture et l’interprétation des ballades, adopte une douceur dans le style dont il ne s’émancipera que rarement par la suite. En 1960, quitte le label Keen et signe un contrat juteux chez RCA Records

    Il invente un nouveau genre : la soul

    Mohamed Ali en studio avec Sam Cooke

    L’année 1963 fait ainsi figure de rupture. Il enregistre cette année-là son septième album pour RCA, Night Beat. L’œuvre surprend par son traitement instrumental, minimaliste, Cooke ayant décidé de mettre pour la première fois sa voix en avant. Il  pose les jalons d’un nouveau genre dont on lui attribuera a posteriori la paternité : la soul. A cette époque, Sam Cooke est considéré par son ami Mohammed Ali comme « le plus grand chanteur de rock’n’roll du monde ».

    Découvrant le « Blowin’ in the Wind » de Bob Dylan, Cooke écrit et enregistre un hymne poétique « A Change is Gonna Come ». Fin 1963, Sam Cooke est l’un des artistes noirs les plus populaires de tous les temps. Il écrit A Change is Gonna Come, considérée comme son chef-d’œuvre. Le titre figure sur le seizième album du chanteur, Ain’t that Good News. C’est durant ces mêmes sessions que Cooke enregistre Shake, un titre pop résolument tourné vers le grand public. L’aisance économique due au succès, alors exceptionnelle pour un Afro-américain, lui permet d’envisager sérieusement l’indépendance totale dans la création artistique.

    Une fille et trois balles

    C’est à ce moment que le destin bascule. Los Angeles, 11 décembre 1964, trois heures du matin… Sam Cooke est avec une jeune fille de vingt-deux ans, Elisa Boyer à l’Hacendia Motel. Ne souhaitant pas céder à ses avances et se sentant en danger, elle s’échappe pour aller appeler la police… en n’oubliant pas de lui prendre son porte-feuille bien garni au passage. Furieux, ce dernier se rend à la réception et tambourine à la porte de la loge de la gérante, Bertha Franklin, une femme de couleur âgée de cinquante-cinq ans. Prise de panique cette dernière penseà une agression, s’empare d’un tisonnier et tire trois fois à l’aide  de son calibre 22.

    La légitime défense sera retenue, Sam Cooke étant entré par effraction. Bertha est relaxée,  son avocat réclame 200 000 $ de dommages et intérêts, soit l’équivalent de quatre années des revenus estimés de l’artiste. Elle n’obtient que $ 1000.

    Des dizaines de milliers de fans et de nombreux artistes se rendirent à son enterrement, dont Ray Charles, qui entonna pour l’occasion Angels Keep Watching Over Me. Peu de temps après son décès, la veuve de Sam épousa Bobby Womack. Sam Cooke est le père de Linda Womack, chanteuse de Womack & Womack et de Carla Cooke.

     

  • Chuck Berry : le duckwalk du Rock n’ roll


    Charles Edward Anderson Berry est décédé le 18 mars, à l’âge de 90 ans. Vive Chuck Berry. Né à Saint-Louis dans le Missouri  le 18 octobre 1926, Chuck Berry est l’un des pionniers du rock‘n’roll.

    Maybellene (1955), Roll Over Beethoven ‘1956), Rock and Roll Music (1957) et Johnny B. Goode (1958) ont résonné dans toutes les surprises parties.  Ses chansons sont de véritables petites histoires construites autour d’un riff de guitare.  Son attitude sur scène influence également de nombreux guitaristes (Rolling Stones, AC DC). Il est notamment l’inventeur du duckwalk, un mouvement qui s’effectue avec les genoux pliés, parfois avec une jambe en l’air.

    Quatrième d’une famille de six enfants, son père est un petit entrepreneur qui travaille également comme diacre dans une église baptiste du quartier, tandis que sa mère est institutrice. La famille Berry vit dans un quartier afro-américain prospère du nord de Saint-Louis. Charles Berry s’intéresse dès son plus jeune âge à la musique. Il découvre la musique dans l’église locale où il se rend régulièrement avec ses six frères et sœurs. Parallèlement, il apprend la basse et la guitare.

    Entre musique et maison de correction

    En 1944, alors qu’il est en première au lycée, Berry est arrêté par la police pour avoir braqué trois magasins de Kansas City avant de voler une voiture. Il est condamné et envoyé à la Intermediate Reformatory for Young Men, une maison de correction située à Algoa, près de Jefferson City. Durant son séjour, il s’adonne à la boxe et participe à un groupe de chant. Il en ressort le jour de son vingt-et-unième anniversaire, en 1947.

    Charles Berry se marie le 28 octobre 1948 avec Themetta Suggs, dite « Toddy ». Leur fille, Darlin Ingrid Berry, naît en 1950. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Berry exerce plusieurs métiers  à Saint-Louis : ouvrier dans une usine Chevrolet et concierge de l’immeuble. Il suit brièvement des cours pour devenir esthéticien au Poro College of Cosmetology fondé par Annie Malone. Sa situation financière est suffisamment bonne pour lui permettre d’acheter une petite maison sur Whittier Street en 1950.

    Country, Blues & Rock n’ roll

    Afin d’arrondir ses fins de mois, Berry joue dans les bars et les boîtes de nuit de Saint-Louis avec des groupes locaux. Il joue du blues depuis qu’il est adolescent, empruntant les riffs et l’attitude de T-Bone Walker. Son style de guitare est également influencé par son ami Ira Harris, qui lui donne des leçons. Il se produit avec le trio du pianiste Johnnie Johnson à partir de 1953. Le trio joue principalement du blues et des ballades, mais Berry décide d’intégrer des chansons de country à leur répertoire. Ce genre, particulièrement populaire chez les blancs de la région, suscite d’abord la surprise dans leur public en majorité noir, mais il attire peu à peu un public plus diversifié.

    Chuck Berry se rend à Chicago en mai 1955. Il y fait la connaissance de Muddy Waters, qui lui conseille d’entrer en contact avec Leonard Chess, le co-fondateur de la maison de disques Chess Records. Leonard Chess, conscient que le marché du rhythm and blues se réduit, cherche à diversifier ses productions. Ce n’est donc pas le blues de Berry qui l’intéresse, mais une chanson plus inattendue : sa reprise de Ida Red, une chanson country de Bob Wills.

    Premier succès avec Maybelline

    Le 21 mai 1955, Berry enregistre sa version de Ida Red, rebaptisée Maybellene à propos d’une course de voitures et d’une fille infidèle, avec Johnnie Johnson au piano, Jerome Green (du groupe de Bo Diddley) aux maracas, Jasper Thomas à la batterie et Willie Dixon à la contrebasse. Le single se vend à plus d’un million d’exemplaires et atteint la première place du classement rhythm and blues du magazine Billboard. Pour l’anecdote, le titre est affublé de deux crédits d’écriture supplémentaires. L’un était le disc jockey Alan Freed, en guise de pots-de-vin, et l’autre Russ Fratto, le propriétaire de Chess !

    À la fin du mois de juin 1956, Roll Over Beethoven se classe no 29 du hit-parade, et Chuck Berry participe à la tournée « Top Acts of ’56 », durant laquelle il se lie d’amitié avec Carl Perkins. Fin 1957, il participe à une autre tournée, « Biggest Show of Stars for 1957 », organisée par Alan Freed, aux côtés des Everly Brothers et de Buddy Holly, entre autres.

    Entre 1957 et 1959, Chuck Berry produit une douzaine de singles à succès, dont quatre qui se classent dans le top 10 des ventes : School Days (mars 1957), Rock and Roll Music (septembre 1957), Sweet Little Sixteen (janvier 1958) et Johnny B. Goode (mars 1958). Il apparaît dans les films Rock Rock Rock (1956) et Go, Johnny, Go! (1959), avec un petit rôle dans le second. À la fin de la décennie, il est devenu une véritable vedette. Il ouvre une boîte de nuit à Saint-Louis, le Berry’s Club Bandstand, et investit dans l’immobilier.

    Retour à la case Prison

    En décembre 1959, Berry est arrêté pour violation du Mann Act  : il aurait eu des rapports sexuels avec une jeune Apache de 14 ans après lui avoir fait franchir une frontière d’État pour la faire travailler dans sa boîte de nuit. Au terme d’un procès de deux semaines, il est reconnu coupable en mars 1960 et condamné à trois ans de prison.  C’est alors que sa popularité commence à décliner tout comme ses  ventes de disques.

    À sa sortie de prison, Chuck Berry bénéficie d’un regain de popularité grâce notamment  aux Beatles qui enregistrent Roll Over Beethoven sur leur deuxième album, tandis que Come On est la face A du premier single des Rolling Stones. D’autres groupes s’en sont fortement inspirés, comme les Beach Boys, dont le tube Surfin’ U.S.A. (1963) reprend la mélodie de Sweet Little Sixteen. Chuck Berry change de maison de disques en 1966 et quitte Chess pour Mercury Records.

    Sa tournée au Royaume-Uni en janvier 1965 est ainsi marquée par des performances limites. Sa méthode de travail, qui consiste à faire appel à des groupes locaux sans répéter avec eux avant les concerts, nuit à sa réputation dans le métier. Sur le sol américain, il se produit lors de grands festivals, comme le Schaefer Music Festival, à Central Park, en juillet 1969, ou le Toronto Rock and Roll Revival Festival, au mois d’octobre.

    Chuck Berry retourne chez Chess Records en 1970. Il décroche son unique no 1 aux États-Unis en 1972 avec My Ding-a-Ling, une chanson amusante et…  pornographique. Le contrat de Berry avec Chess prend fin en 1975 avec un album simplement intitulé Chuck Berry. Quatre ans plus tard, Atco Records publie Rock It, le dernier album studio de Chuck Berry avant 2017.

    Tout au long des années 1970, Berry tourne seul, sans manager ni musicien, dans sa Cadillac, avec sa seule guitare Gibson. Comme à son habitude il demande à des groupes locaux connaissant sa musique de l’accompagner ce qui se révèle pas toujours judicieux. Son concert le plus notable de la décennie est celui qu’il donne le 1er juin 1979 à la Maison-Blanche, à la demande du président Jimmy Carter.

    A la fin de années 1970,  aucun concert ne débute avant que le paiement ne soit complètement effectué et en cash.  Il est condamné pour évasion fiscale à quatre mois de prison et 1 000 heures de travaux d’intérêt général, qui se traduisent par des concerts de bienfaisance.
    En 1986, il fait partie des premiers musiciens intronisés au Rock and Roll Hall of Fame. Il est également classé 7e sur la liste des 10 plus grands joueurs de guitare électrique de tous les temps par le magazine Time en 2009.

    Chuck Berry fut probablement le seul compositeur qui, de son vivant, pouvait se produire en concert dans n’importe quel endroit de la planète en recrutant sur place à la dernière minute généralement dans le bistrot d’en face la salle de concert ! Un artiste atypique, qui a appris à articuler en écoutant Nat King Cole et qui préfère prendre lui-même le volant pendant les tournées, sans limousine ni chauffeur.  Il aura réussi à fusionner le blues et la country pour en faire du Rock n’ roll.

  • Billie Holiday : Lady Day et ses démons


    Billie Holiday, Eleanora Fagan de son vrai nom, a marqué l’histoire du Jazz vocal par un timbre vocal reconnaissable entre mille. Contemporaine d’Ella Fitzgerald, Billie Holiday a connu un parcours presque similaire ballotée entre une enfance misérable, un destin artistique riche de rencontres et une fin tragique.

    Billie Holiday en 1917

    L’univers familial d’Eleanora n’est pas idyllique. Née le 7 avril 1915 à Philadelphie, d’un père guitariste de Jazz toujours absent et d’une mère d’origine irlandaise aide-ménagère et prostituée à ses heures, la petite Elaneora est confiée tour à tour à ses tantes.  “Papa et maman étaient mômes à leur mariage : lui dix-huit ans, elle seize; moi, j’en avais trois. Maman travaillait comme bonne chez des Blancs. Quand ils se sont aperçus qu’elle était enceinte, ils l’ont foutue à la porte. Les parents de papa, eux, ont failli avoir une attaque en l’apprenant. C’étaient des gens comme il faut qui n’avaient jamais entendu parler de choses pareilles dans leur quartier à Baltimore.” confiera t-elle.

    Violée à 11 ans par un voisin alors qu’elle habite chez sa mère et son beau-père, elle est incarcérée en « centre d’éducation surveillée », centres dans lesquels elle retournera un certain  nombre de fois.

    Eleanora devient Billie Holiday au Log Cabin de Harlem

    En 1928, elle rejoint sa mère à New York qui travaille dans un bordel. Elle commence par faire des ménages dans l’hôtel de passes de sa mère où elle chante à l’occasion mais se prostitue aussi. Elle fait de la prison mais à sa sortie la route s’éclaire.

    Après s’être lancée avec sa mère dans une petite affaire de restauration, elle chante dans plusieurs clubs de Jazz et speakeasies (bars cachés pendant la prohibition). Elle est embauchée au Log Cabin de Harlem où elle chante au pourboire. Elle prend alors le nom de Billie Holiday en référence à l’actrice Billie Dove, son idole blanche du cinéma muet et au nom de son père musicien qu’elle admire.

    En 1933, elle est repérée par John Hammond, producteur chez Columbia qui lui ouvre les portes du studio. Il la fait jouer avec le clarinettiste Benny Goodman. Elle enregistre «Your mother’s son in law et Riffin’ the scotch et gagne 35 $. En 1934, elle se produit au mythique Apollo Theater. Son grand copain est le saxophonist Lester Young avec qui elle gardera une grande amitié jusqu’à la fin de ses jours. C’est Lester qui la surnomme Lady Day. Billie Holiday chante également avec Duke Ellington. Si sa vie sentimentale est déjà tumultueuse, a carrière est lancée. Elle installe sa mère dans un petit restaurant où elles se retrouvent après les concerts.

    Billie Holiday et Count Basie au piano

    Accompagnée de Lester Young, ses disques se vendent bien. Elle chante avec les grands orchestres de Count Basie ou Artie Shaw. Mais la chanteuse noire dans un orchestre blanc s’accommode mal aux tournées dans le sud des Etats-Unis où la ségrégation fait rage. Elle connaît les mêmes problèmes qu’Ella Fitzgerald ou Nat King Cole.

    Billie Holiday et Ella Fitzgerald

    Si du côté artistique tout roule, au niveau personnel Billie Holiday commence à se droguer, influencée par ses rencontres masculines et féminines (On la surnommait aussi Mister holiday en raison de sa bisexualité). Billie tient bien la bouteille et se réfugie dans la marijuana.

    « Strange Fruit » une chanson culte contre la barbarie sudiste

    C’est en 1939, alors qu’elle n’a que 24 ans,  elle obtient son son premier grand succès avec   « Strange Fruit » qu’elle chante au Café Society. Elle y dénonce les lynchages des Afro-Américains qui avaient encore lieu à l’époque dans le sud des États-Unis. Les fruits étranges qu’elle évoque sont les Noirs pendus aux arbres de la Georgie ou de l’Alabama…. « L’odeur du magnolia, douce et fraîche, et soudain l’odeur de la chair qui brûle ». Cette chanson est importante pour elle et évoque un membre de sa famille, enlevé, lapidé, pendu et brûlé par des ségrégationnistes dans le Sud.

    Lady Day vs Lady Drogue

    Son premier mari s’appelle Jimmy Monroe. Voyou et drogué, il lui fait découvrir l’héroÏne et la cocaïne. Elle divorce mais retombe dans ses travers. Elle a une liaison avec Joe Guy, un trompettiste Be Bop qui la fournit généreusement en héroïne.

    « Je suis rapidement devenue une des esclaves les mieux payées de la région, je gagnais 1000 $ par semaine mais je n’avais pas plus de liberté que si j’avais cueilli le coton en Virginie ».

    Billie Holiday à New York en 1947

    En 1944, elle est la première artiste noire à chanter au Metropolitan Opéra où elle signe un contrat en or. Mais on commence à se plaindre de ses prestations. Elle ne respecte pas ses engagements, oublie les paroles, arrive en retard… En 1945, lors d’une grande tournée Billie apprend la mort de sa mère et tombe en dépression. Elle se réfugie dans l’alcool et la drogue.

    Elle devient la Reine des clubs de Jazz de New York. Mais c’est aussi à New York qu’elle sombre dans la drogue, l’alcool et qu’elle a affaire à la justice. Anecdote, elle s’illustre notamment sur la scène du Carnegie Hall pour un concert mythique donné au lendemain de sa sortie en prison pour possession et usage de stupéfiants, le 27 mars 1948.  Lors d’un enregistrement pour Decca en 1949 avec Lester Young et Louis Armstrong elle a du mal à tenir le rythme, se fait remarquer par ses retards et ses excès.

    Billie Holiday au Carnegie Hall de New York

    Après un nouveau passage en prison, la carte de travail de Billie Holiday lui est retirée pour avoir enfreint les critères de bonne moralité. Elle ne peut plus chanter dans les clubs de New York.  En 1950, la maison de disque Decca ne lui renouvelle pas son contrat lassée par ses frasques.

    En1951, elle signe chez Aladdin puis chez Verve. Elle continue ses tournées harassantes et alterne ses concerts à l’Apollo et Carnegie Hall. En 1954, elle part en tournée en Europe. Un de ses meilleurs souvenirs. Elle passe à l’Olympia devant serge Gainsbourg, Juliette Greco, Françoise Sagan.

    Ses meilleurs albums sur la fin de sa vie

    En avril 1955, elle participe au concert hommage à Charlie Parker au Carnegie Hall. Tous les grands du Jazz sont là : Sarah Vaughan, Sammy Davis Jr, Stan Getz, Thelonious Monk… En août de cette même année, elle enregistre un magnifique album Music For Torching. Elle continue de se droguer, perd du poids, fait des cures de désintoxication, tente tant bien que mal de cacher ses bras piqués de partout et paradoxalement  compose ses meilleurs albums : Lady in satin en 1958 et son tout dernier Billie Holiday en 1959.

    Sa tournée en Europe est catastrophique devant lutter contre une cirrhose. Hospitalisée en juillet 1959 pour une insuffisance rénale, elle décède le 17 juillet. Elle a 44 ans. Elle est enterrée dans le Bronx laissant à ses héritiers 1345 $ alors que ses royalties sur une année s’élèvent à 100 000 $. De quoi apprécier l’étendue de sa spoliation par ses divers amants et l’étendue des dépenses liées à la drogue.

    Billie Holiday a marqué l’histoire du jazz vocal par son timbre un peu enroué, ses chansons lentes et mélodieuses : « On m’a dit que personne ne chante le mot faim comme je le fais. Ou le mot amour. Sans doute parce que je me souviens de ce qu’ils signifient », écrit-elle dans son autobiographie.

    Marquée à jamais par la misère, les injustices comme en témoigne le décès de son père mort d’une pneumonie après avoir été plusieurs fois refusé d’hôpitaux ou par la ségrégation qui l’obligeait à se maquiller pour s’éclaircir la peau, Lady day  a fait l’admiration de tous y compris de Franck Sinatra qui l’aimait beaucoup. Diana Ross lui rendra hommage en 1972 dans le Biopic « Lady sings the blues ». A découvrir sans plus tarder.

    Billie Holiday – 1939 – Gilles Pétard Collection

  • James Brown : la Funk machine


    Il y a 10 ans, James Brown décédait le 25 décembre 2006 suite à une complication d’une pneumonie. Il avait 73 ans. L’artiste avait du caractère et cultivait les mots en allant droit au but « Quand je parle aux gosses, je ne les regarde pas de haut. Je viens du ghetto et j’ai toujours ma boîte de cireur à la main ».

    Né en 1933 à Barnwell en Caroline du Sud, dans une famille très pauvre, James Brown est élevé dans un bordel où il subit la dure réalité de la ségrégation raciale et du racisme du Sud. Dès l’âge de 7 ans, l’enfant espiègle devient un rabatteur de prostituées avant de devenir un cireur de chaussures.

    A l’adolescence, il est attiré par la boxe, mais surpris en train de voler, il est arrêté et emprisonné dans un pénitencier en 1949 dans lequel il va purger quatre longues  années. C’est dans ces lieux morbides, qu’il commence à chanter du gospel… En sortant de prison, il devient boxeur mais il quitte le sport et intègre un groupe vocal, les Swanees – futur Famous Flames – un groupe qu’il va écraser de sa forte personnalité.

    Il est repéré par Bobby Byrd qui est impressionné par sa capacité à chanter et à danser en même temps. Ensemble ils forment le groupe The Flames . Leur premier single Please, Please, Please sorti en 1956 se vend à 1 million d’exemplaires : ce sera malheureusement leur unique succès.

    Deux ans plus tard est enregistré  Try me  à New York. Un blues inspiré par le climat typique du gospel des églises baptistes du Sud américain. Peu à peu James Brown affine son style.

    En deux ans, James Brown devient l’idole de millions de jeunes Noirs subjugué par cet artiste qui dessine ses propres vêtements. Au fil des tournées, il s’affirme comme un auteur-compositeur interprète et multi-instrumentiste doté également d’un sens aigu de l’arrangement.

    James Brown en 1964

    Surnommé The One pour ses multiples capacités artistiques, il utilise également ses connaissances dans le domaine du jeu de jambes hérité de son passé de boxeur pour inventer des danses comme le Camel walk, le Mashed potatoes (les « patates écrasées »). Danses qu’il teste et perfectionne toujours sur scène. Il crée également l’ Alligator, le Shimmy et même le James Brown.

    Après And Shimmy  et  Night Train, l’album Live At the Apollo  confirme la légende. Pendant une semaine, en  1963, James Brown fait exploser le légendaire théâtre Apollo de Harlem de New York.

    Live at the Apollo en 1963

    Les années 60 vont consacrer The Godfather of Soul. Le spectacle est bien rodé. Il est important pour James Brown que la salle soit chauffée avant qu’il ne rentre sur scène. Les musiciens et les choristes jouent, tandis qu’un maître de cérémonie vient haranguer le public. Quand il pénètre sur scène, l’impatience est à son comble. Les fins de spectacle se terminent par le même rituel, celui de la cape argentée… apparemment épuisé, Mr JB se met à genoux, un assistant vient l’aider à se relever pour l’entraîner vers les coulisses. Ensuite, vient le moment des rappels… Jusqu’à vingt-sept fois par soir.

    Papa’s Got a Brand New Bag morceau fondateur du funk

    En 1964, c’est là que Mick Jagger, 20 ans,  rencontre pour la première fois “The Godfather of Soul” en 1964 lors de l’enregistrement d’une émission à l’Apollo Theatre et découvre « le plus grand performeur de tous les temps».

    En 1965, l’Europe découvrent à son tour cette « musique de sauvage » avec Papa’s Got a Brand New Bag morceau fondateur du funk et dans lequel une section de cuivres laisse éclater ses riffs. Le titre, événement rare, est classé alors à la fois dans les hit-parades noirs et blancs. En 66,  It’s a Man’s Man’s World  apporte la consécration.

    En composant Cold Sweat  en 1967 et en proclamant l’année suivante Say It Loud I’m Black And I’m Proud  (Dites-le fort, je suis noir et je suis fier), il devient l’un des leaders du Black Power. Il dira « Jusque-là, les Noirs avaient honte. Ils avaient entendu tant d’insultes, du genre nègre ou négro qu’ils ne savaient plus qui ils étaient. J’ai transformé ce négatif en positif et j’ai écrit cette chanson sur la fierté ».

    L’initiateur du black capitalism

    James Brown en 1968

    En 1968, lorsqu’il abandonne son fameux brushing au profit d’une coiffure afro, l’événement donne lieu àde nombreux commentaires dans la presse. Ainsi, le magasine Soul lance : “Depuis des années, le King était un esclave. Esclave de qui, de quoi? James Brown devait arborer cette coiffure qui lui demandait de douloureuses heures de préparation, depuis des temps immémoriaux. Jusqu’au mois dernier. A présent, le King arbore une coiffure afro. Tout le monde, y compris les Blacks Panthers et le SNCC (l’organisation étudiante de plus en plus radicale), pense que c’est une bonne chose. “

    Pour autant, James Brown ne côtoie guère les Panthers ou d’autres organisations nationalistes noires. C’est avant tout un travailleur acharné, fier de sa réussite. En 1968, il est à la tête de trois stations de radio, il possède des voitures rutilantes, un jet privé, un château de style victorien en plein Queens. Le texte de la chanson s’inscrit d’ailleurs dans cette veine. Brown considère qu’une ascension sociale est possible pour les jeunes noirs, à condition qu’ils ne soient pas exploités économiquement.

    Aux Etats-Unis, l’époque des Freedom Songs est déjà en marche et James Brown marche aux côtés d’Otis Redding vers un même combat, celui de l’application  des Droits Civiques. Les hommes politiques ne s’y trompent pas et ils le courtisent activement. Ainsi, au lendemain de l’assassinat de Martin Luther  King le 5 avril 1968, les autorités sollicitent le chanteur. Le concert qu’il donne le lendemain de l’assassinat est diffusé à la télévision, les autorités espérant ainsi retenir chez eux les émeutiers potentiels. Il multiplie alors les appels au calme à la radio. Invité par Johnson à la Maison Blanche, le Washington Post relaie ses discours et en fait l’éloge.

    De fait, en 1968, James Brown a relevé son pari, il est devenu le champion du capitalisme noir, grâce à un talent indéniable et une discipline de travail spartiate. Ses musiciens sont constamment mis à l’amende pour des motifs variés: retard aux répétitions, chemise mal repassée… et sont pour une majeure partie sous-payés.

    L’extraordinaire bête de scène est l’un des artistes les mieux payés du monde. L’artiste est à la tête d’une formidable entreprise de spectacle qui, outre son groupe, les Famous Flames, réunit un show imposant comprenant plusieurs chanteurs et chanteuses, et qui donne près de trois cent soixante-cinq galas par an. Mais son orchestre finit par se mutiner et James Brown se trouve dans l’obligation de renvoyer tous les musiciens. Les Famous Flames n’existant plus, il doit songer à l’avenir.

    Sex machine : morceau de 16 minutes

    Pour faire face à l’adversité et démontrer qu’il reste Mister Dynamite, James Brown va s’entourer uniquement de jeunes musiciens. Ce nouvel orchestre, baptisé les JB’s, enregistre en un temps record – 12 heures ! – un double album comprenant des reprises de ses grands titres, plus un nouveau morceau de seize minutes : Get Up, I Feel Like Being a Sex Machine . Enregistré en 1970 dans les studios Starday de Nashville, James Brown et ses jeunes musiciens ont inscrit dans l’histoire de la musique noire une véritable bombe à danser. Le titre devient universel et va résonner pendant longtemps dans tous les night-clubs.

    James Brown participe de nombreuses fois à l’émission Soul train , rendez-vous musical incontournable de la black music. Au travers de cette émission, il ne cessera d’inciter les jeunes noirs à s’éduquer pour s’émanciper.

    James Brown et et le Président Nixon en 1972

    Opportuniste, il accepte les invitations du nouveau président, Nixon, qu’il soutient même en 1972, avant d’appuyer Reagan en 1980. Histoire de dire sans doute que les noirs pouvaient aussi avoir leurs entrées à la Maison Blanche.

    Affublé de surnoms divers comme Mister Dynamite, Soul Brother ou encore Godfather of Soul, le dieu vivant venu des banlieues lançait à qui voulait l’entendre « Dieu avait un boulot spécial pour moi… unir les hommes entre eux ». James Brown aura pour ainsi dire lancé le mouvement du Black décomplexé. A good job !

    James Brown à Long Island en 1967 devant son jet privé.

     

     

  • Aretha Franklin : pour une question de Respect


    Comme Elvis, Aretha Franklin est née dans le Tennessee à Memphis , le 25 mars 1942. Fille de pasteur elle reçoit une éducation stricte et orientée vers le gospel.  Sa mère, Barbara, chanteuse de gospel, se sépare de son époux lorsqu’Aretha a 6 ans, mais rend souvent visite à ses enfants. A 7 ans, Aretha déménage à Détroit avec son père.  Accompagnée de ses deux sœurs Carolyn et Erma, elle chante à l’église dans la chorale de son père.  Les trois sœurs font des tournées à  travers les Etats-Unis.

    Premier disque solo en 1956

    Aretha FranklinAretha Franklin enregistre son premier disque en tant que soliste alors qu’elle n’a que quatorze ans en 1956. Elle interprète exclusivement des chants religieux comme Never Grow Old et Precious Lord. Mais une rencontre va changer sa vie. John Hammond, le découvreur de Billie Holiday, lui fait enregistrer en 1960 The Great Aretha Franklin .

    Durant 6 années, elle enchaîne les enregistrements de rythm’n’blues chez Columbia sans pour autant obtenir le succès escompté. Insatisfaite de sa collaboration avec Hammond, elle rejoint Atlantics et Jerry Wexler qui l’admire.

    Naissance de la « Queen of Soul » en 1967

    Le succès est imminent avec I Never Loved A Man (The Way That I Love You), numéro 2 des charts américains aux Etats-Unis et numéro 1 du classement rythm’n’blues. Elle dépasse le million d’exemplaires vendus !

    1968A la fin des années 1960, Aretha Franklin gagne le surnom de Queen of soul . Tout comme Nat King Cole ou Ella Fitgerald, autres  symboles de fierté de la communauté noire, la chanteuse se bat pour les droits civiques en parallèle à sa carrière d’artiste. Artiste engagée, elle fait de son titre mythique Respect une ode à toutes les femmes sur leurs conditions de vie. Chanson d’Otis Redding parue en 1965 sur l’album Otis Blue, Aretha Franklin la reprend en 1967 avec le succès qu’on lui connaît. Suivent en 1968 les tubes planétaires : Chain of Fools,  I Say a Little Prayer  ou Think .

    affiche-respectCette même année, Aretha Franklin est classée en seconde position des personnalités afro-américaines les plus connues au monde, juste derrière Martin Luther King.

    Après cette période faste, elle connaît quelques difficultés dues à sa relation avec son mari, Ted White, qui est aussi son producteur. Sa carrière s’en ressent mais repart en 1970. Cette année-là, Call Me, Don’t Play That Song et Spirit In The Dark  sont des succès.

    Revenant à la musique de ses origines, Aretha Franklin enregistre en 1973 Amazing Grace, un album gospel qui remporte un succès considérable. Il devient l’un des albums gospel les plus vendus de l’histoire avec 2 millions de copies.

    Duos mythiques  avec Eurythmics, Georges Mickaël, les Rolling Stones

    La suite des années 80 est parsemée de collaborations fructueuses avec George Benson en 1981, puis quelques années plus tard avec Annie Lennox d’ Eurythmics dans Sisters Are Doin’ It For Themselves.

    En 1986, elle collabore avec Keith Richards et reprend Jumpin’ Jack Flash des Rolling Stones pour les besoins d’un film avec Whoopi  Goldberg .

    aretha-franklin-16th-annual-american-music-masters-2011Elle obtient enfin un numéro 1 en 1987 grâce à un autre duo avec George Michael , I Knew You Were Waiting (For Me).

    Le 3 janvier 1987 elle devient la première femme à entrer dans le Rock and Roll Hall of Fame.  Le Rock and Roll Hall of Fame and Museum, que l’on peut traduire par le Musée et le Panthéon du Rock and Roll, est un musée, mais également une institution, qui conserve et archive les moments les plus significatifs des plus grands artistes de rock, ou des plus influents, qu’ils soient chanteurs, musiciens, producteurs, ou toute autre personne ayant eu une influence de façon notable sur l’industrie du rock. Ce musée est situé à Cleveland, dans l’État américain de l’Ohio. Il a été conçu par l’architecte Ieoh Ming Pei (Pyramide du Louvre).

    Durant la décennie 90, elle intervient sur plusieurs bandes originales de films tels que Malcolm X avec Someday We’ll All Be Free en 1992, Deeper Love pour Sister Act 2 en 1993.

    En 1998, c’est la sortie de l’album A Rose Is Still A Rose , dont le principal titre est composé par Lauryn Hill, des Fugees.

    Les larmes de Barak Obama

    Avec Aaron Neville, Dr. John et une chorale le de 150 voix, elle chante le 5 février 2006 l’hymne national avant le Super Bowl, en clôture du tournoi à Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina.

    En 2009, Aretha Franklin chante My Country 'Tis of Thee lors de la cérémonie d'intronisation de Barak Obama.

    En 2009, Aretha Franklin chante My Country ‘Tis of Thee lors de la cérémonie d’intronisation de Barak Obama.

    Le 20 janvier 2009, Aretha Franklin, dont Barack Obama est un fervent admirateur, chante My Country ‘Tis of Thee lors de la cérémonie d’intronisation du nouveau président américain. En 2015, ce dernier ne peut retenir ses larmes lors de l’interprétation de You Make Me Feel Like A Natural Woman, lors de la 38ème cérémonie des Kennedy Center Honors, à Washington.

    Le 17 octobre 2014, Aretha Franklin sort un album de reprises nommé Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics. Le 1er single est Rolling in the Deep d’Adèle.

    Elle vit aujourd’hui à Détroit quand elle n’est pas en tournée. Aretha Franklin a vendu 75 millions de disques et reste aujourd’hui l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques vinyles de tous les temps. Respect.

     

  • Nat King Cole : juste inoubliable


    Nathaniel Adams Coles, plus connu sous le nom de Nat King Cole, est l’un des plus grands crooners des années 1950 aux Etats-Unis. Connu pour son tube planétaire Unforgettable, Nat King Cole, a vécu l’histoire de l’amérique à lui tout seul : ségrégation, cinéma, show télé, activisme politique.

    nat-king-cole-header_grande-copyNé le 17 mars 1919,  le jour de la Saint-Patrick , à Montgomery en Alabama, d’un père Révérand, le jeune Nathanaël a 12 frères et sœurs dont cinq survivront jusqu’à l’âge adulte. Son père est pasteur de la Première église baptiste, dans laquelle sa mère dirige le chœur. C’est elle qui l’encourage à apprendre le piano dès son plus jeune âge.

    L’orgue le dimanche à l’église

    La famille Cole déménage dans le quartier de Bronzeville à Chicago. Ce quartier est au centre de la scène jazz et rythm and blues de la ville. Nat et son frère Eddie écoutent la musique de Louis Armstrong et Jimmie Noone depuis une ruelle près de leur maison. Il étudie le piano et l’orgue avec sa mère jusqu’à l’âge de 12 ans, et commence des études scolaires qui comprennent beaucoup de musique classique. Il acquiert de l’expérience en jouant de l’orgue chaque dimanche dans la nouvelle église de son père, l’église baptiste True Light.

    A l’école secondaire, il crée son premier groupe de Jazz Nat Coles and his Rogues of Rythm. A l’instar d’Ella Fitzgerald, Nat participe à des concours musicaux et des battle. Il remporte d’ailleurs le prix de Prince of Ivories.

    Un premier groupe à 18 ans

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    The King Cole Trio

    En 1936, il rencontre sa première femme, Nadine Robinson, qu’il épouse  en 1937 à l’âge de 18 ans. Nat King Cole se joint à son ensemble et participe à la revue musicale Shuffle Along, le premier spectacle à débuter à Broadway avec une distribution uniquement noire, en 1920. Quand le spectacle se termine à Los Angeles, ils décident de rester dans le sud de la Californie pour leurs débuts de carrières.

    En cette même année de 1937, Nat Cole rencontre le guitariste Oscar Moore et le bassiste Wesley Prince. Ils forment un nouvel ensemble à la demande de Bob Lewis, le directeur de l’Auberge Swanee. Lewis crée un coup publicitaire et demande que Nathaniel porte une couronne. Nat King Cole est né. Nat King Cole est un pianiste, il s’essaie au chant avec son trio et décide de poursuivre le chant pour ajouter de la variété à son ensemble qui est alors uniquement instrumental.

    Nat King Cole Playing PianoL’ensemble est maintenant connu sous le nom de « King Cole Trio » et reçoit un contrat d’enregistrement avec le label Decca, avec qui les trois musiciens enregistrent Sweet Lorraine et Honeysuckle Rose. Ils signent par la suite avec le label Capitol Records et produisent Straighten Up and Fly Right. La chanson se vend à plus d’un million d’exemplaires dès la première année. En 1942, Johnny Miller remplace Wesley Prince comme bassiste dans le King Cole Trio.

    Les premiers albums à succès en 1945

    tumblr_muhb7kjjdF1saj087o1_400Le 15 mars 1945, l’album The King Cole Trio devient le premier album numéro 1 lors de la création du premier classement des albums. L’album suivant, The King Cole Trio (Vol. 2) sort en 1946 avec le succès de la chanson For Sentimental Reason. Cet album comprend deux enregistrements très célèbres de Cole, The Christmas Song et Route 66. Dans la première, Cole chante avec un orchestre à cordes pour la première fois.

    On propose à Nat King Cole de devenir  l’animateur pour l’été (en remplacement de Bing Crosby) du spectacle radio de la chaîne Kraft Music Hall. Il joue à Las Vegas pour la première fois en 1946. Il refuse d’y retourner après avoir découvert que le directeur du casino ne permet pas aux noirs d’y entrer.

    La ségrégation raciale au quotidien

    SentimentalReasons_TrioPREn 1948, il épouse Maria Hawkins Ellington avec qui il reste marié jusqu’à sa mort. La ségrégation raciale bat son plein à cette époque aux Etats-Unis et Nat king Cole en sera victime à de nombreuses reprises. En 1948, Cole et sa famille emménagent dans le quartier prestigieux de Hancock Park à Los Angeles. Ce quartier est uniquement occupé par des blancs et les résidents ne veulent pas de la famille Cole. Les résidents lui envoient alors une lettre dans laquelle ils indiquent qu’ils ne veulent pas avoir de personnes « indésirables » dans leur voisinage. La réaction de Cole est restée célèbre : il répond à ses voisins que « s’il y en a dans la région, il leur fera savoir ».

    Nat King Cole, son épouse et sa fille Nathalie

    Nat King Cole, son épouse et sa fille Nathalie

    Cette même année, Nature Boy  sort en 1948 sur l’album The King Cole Trio (Vol. 3). Ce single commence à l’établir comme l’un des premiers artistes noirs à obtenir autant de succès auprès du public blanc de l’époque. Les succès s’enchaînent et Mona Lisa en 1950 se vend à plus de trois millions d’exemplaires. 1950 est une année importante pour le King Cole Trio qui fait sa première tournée en Europe et participe à la célèbre émission d’Ed Sullivan. C’est aussi la naissance de Nathalie, le 6 février 1950 à Los Angeles  avec qui Nat King Cole partagera sa passion de la musique. Le couple adopte aussi Carol en 1951 fille de la sœur de son épouse.

    « Unforgettable » tube planétaire en 1951

    En 1951, Nat King Cole est désormais seul. Il sort l’album Unforgettable qui devient disque de platine en 1953 qui le conduit en Europe en 1954 pour une tournée triomphale.

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    Tournée triomphale en Europe pour Cole

    Comme beaucoup de ses chanteurs contemporains : Franck Sinatra, Elvis Presley, Nat King Cole participe à des films musicaux parmi lesquels Killer Diller (1948), La Femme au gardénia (1953), Le Joyeux Prisonnier (1953),…d’autres suivront.

    Agressé pendant un concert en Alabama

    En avril 1956, un groupe d’hommes blancs attaquent Cole pendant un concert à Birmingham en Alabama. Ils sont membres du White Citizens’ Council de Birmingham. Cole ne jouera plus jamais en Alabama ni dans le sud des États-Unis.

    Nat-King-Cole-nat-king-cole-300867_360_451En novembre 1956, il débute sur NBC avec sa propre émission de télévision. Mais l’émission s’arrête en  décembre 1957 à cause des réticence des grandes entreprises à soutenir un homme noir à la télévision. Cependant, Love Is The Thing est un album classé numéro un la même année.

    À partir de 1958, il enregistre plusieurs albums en espagnol incluant Quizás, quizás, quizás d’Osvaldo Farrés, qui deviend un classique. En 1959, la famille s’agrandit avec l’adoption de Nathaniel Kelly et l’arrivée des jumelles Casey et Timolin deux ans plus tard.

    Un ami de JFK

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    Sinatra soutiendra Cole dans son combat pour les droits civiques

    1960 est une année “politique” pour Cole. Il est invité à chanter pour la reine Élisabeth II au palais Victoria en 1960 avec  Sammy Davis Jr. Il s’associe à John F. Kennedy et chante pour lui lors de son investiture à la candidature à la présidence. Il chante ensuite un an après avec Frank Sinatra, très concerné lui aussi par le sort des noirs aux Etats-Unis, pour l’élection de JFK à la Présidence. Kennedy et Cole deviennent amis et Kennedy demande souvent l’avis de de dernier sur le sujet épineux du Mouvement des droits civiques aux États-Unis.

    nat king cole 26En 1964, Nat king Cole est atteint d’un cancer de la gorge. Il enregistre son dernier album, L-O-V-E, mais n’est plus là pour sa sortie au printemps 1965. Il décède le 15 février 1965 à Santa Monica à l’âge de 45 ans et est enterré au cimetière Forest Lawn à Glendale en Californie.

    Représentant masculin du Jazz vocal noir américain, Nat King Cole restera un Roi talentueux et engagé pour la cause des noirs et de la famille. Il y a les justes. Nat King Cole est lui juste Unforgettable.

     

  • Ella Fitzgerald : the first lady of song


    Le 15 mars 1955 à Los Angeles, les paparazzi se bousculent à l’entrée du Mocambo, club de Jazz  fréquenté par les  blancs. Marilyn Monroe a annoncé sa venue pour venir applaudir son amie Ella Fitzgerald. Ella a 38 ans. Son surnom « First Lady of song ».

    Ella Fitzgerald et Marilyn Monroe au Mocambo de Los Angeles en 1955

    Ella Fitzgerald et Marilyn Monroe au Mocambo de Los Angeles en 1955

    Selon les propres mots d’Ella Fitzgerald, c’est Marilyn Monroe qui apporte un grand soutien à sa carrière en l’imposant littéralement au Mocambo Club de Los Angeles. Marilyn, grande admiratrice d’Ella Fitzgerald, téléphone alors en personne au patron du club et lui demande de programmer Ella Fitzgerald contre la promesse de réserver, chaque soir où elle se produirait, une table au premier rang. Ne pouvant refuser une telle publicité, le patron accepte.

    Chante à 15 ans dans la rue

    Ella+Fitzgerald+ellafitzgerald3_1303867522Tout commence le 25 avril 1917. Ella naît à Newport News à 250 km de New York. Elle connaît très peu son père, guitariste et volage. Très vite sa mère se remet en ménage. Son beau-père est violent. Cependant, Ella reste très proche de sa demi-sœur Frances. Très vite elle traîne dans les rues et s’imprègne des Big Bands qui animent les rues et les nuits. Elle fait des courses pour une maison de passe. Ella est arrêtée et intègre une école disciplinaire dont elle s’échappera. A 15 ans elle chante dans la rue. CBS est sur le point de signer un contrat avec elle lorsque sa mère meurt, la laissant orpheline. Elle doit alors se contenter de participer à des concours musicaux.

    Remporte l’ « Amateur nights » de l’Apollo

    Affiche Apollo Theatre en 1937

    Affiche Apollo Theatre en 1937

    Elle participe alors au concours de chant du théâtre Apollo de Harlem à New York dans une des premières « Amateurs Nights » qu’elle remporte le 21 novembre 1934 à l’âge de 18 ans. Elle est remarquée par Bardu Ali de l’orchestre du batteur Chick Webb, qui convînt ce dernier de l’engager. Elle débute alors avec l’orchestre au Savoy de Harlem. En 1938, elle enregistre quelques tubes avec lui, dont le célèbre If You Can’t Sing It , You’ll Have to Swing It , Love and Kisses , mais c’est sa version de la berceuse A Tisket, a Tasket qui la fait connaître. Quand Chick Webb meurt en 1939, l’orchestre continue sous le nom de Ella Fitzgerald and Her Famous Orchestra.

    Se bat contre la ségrégation raciale

    Ella Fitzgerald, Duke Ellington et Benny Goodman à New York en 1948 by Herman Leonard

    Ella Fitzgerald, Duke Ellington et Benny Goodman à New York en 1948 by Herman Leonard

    Elle commence une carrière solo en 1941. Malgré sa notoriété, elle est victime, comme beaucoup de noirs à cette époque, de discrimination au Cotton club. Après un premier mariage éclair, elle se marie avec le contrebassiste Ray Brown en 1947. Dans le même temps elle adopte le fils de sa sœur.

    Elle rejoint le combat de Martin Luther King. Outre Marilyn Monroe de bons amis la soutiennent  comme  Franck Sinatra très concerné par la cause des noirs (eu égard à son ami Sammy Davis Jr), … et son nouveau manager blanc  Norman Granz, engagé dans la lutte des droits civiques et qui manage l’orchestre  Jazz  At the Philarmonic .

    Connaît un succès mondial

    Ella Fitzgerald et Louis Armstrong en 1956

    Ella Fitzgerald et Louis Armstrong en 1956

    Adoubé par Louis Armstrong. Elle fait trois albums en duo en 1956 avec lui. Dizzy Gillepsie l’initie au Bebop, Miles Davis et Sammy Davis Jr au modern jazz. Duke Ellington, Oscar Peterson et Count Basie la suivent au piano.  Sa tessiture de trois octaves lui offre un succès mondial.

    Ella Fitzgerald réalise une de ses improvisations les plus célèbres en concert sur Mack the Knife à Berlin en 1960 (voir vidéo en bas de page), morceau au cours duquel elle a eu un trou de mémoire et qu’elle poursuit  sans hésitation en alternant scat et paroles improvisées. Cette version de Mack the Knife est certainement l’un des succès les plus connus d’Ella Fitzgerald, avec M. Paganini  et How High the Moon.

    Une autre de ses improvisations fameuses a lieu au cours d’un concert à Antibes – Juan-les-Pins à l’été 1964. Elle se produit dans la Pinède Gould à l’occasion du Festival Jazz et rend hommage aux cigales du lieu avec The Cricket Song.

    Frank Sinatra et Ella Fitzgerald lors du Frank Sinatra Show en 1958

    Frank Sinatra et Ella Fitzgerald lors du Frank Sinatra Show en 1958

    A 53 ans, le diabète la rend aveugle. En 1993, elle est amputée des 2 jambes. Ella s’éteint le 15 juin 1996 à 79 ans avec derrière elle : 200 albums, 2000 chansons, 40 millions de disques et 13 Grammy awards. Une vie difficile, parsemée de combats personnels qui font d’Ella Fitzgerald, vingt ans après sa disparition, la grande dame du Jazz.

     

     

     


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