Jane Fonda : actrice activiste


Née à New York, Jane Fonda est née à New York le est la fille de l’acteur Henry Fonda et de sa seconde épouse d’origine canadienne Frances Ford Seymour. Cette dernière se suicide à l’âge de 42 ans en 1950 alors que Jayne n’a que 12 ans. Violentée dans son enfance, la mère de Jayne séjourna de nombreuses fois pour bipolarité dans des institutions psychiatriques.

Jane Fonda, 1959

Jane étudie à la Emma Willard School, une école élitiste réservée aux filles.Elle prend des cours de théâtre puis en 1956  part à Paris étudier l’art pendant deux ans. À son retour aux États-Unis en 1958, elle rencontre Lee Strasberg, qui la prend sous sa coupe à l’Actor’s studio de New York.

Elle commence alors sa carrière cinématographique en 1960 avec la comédie La Tête à l’envers de Joshua Logan, dans lequel elle reprend le rôle qu’elle avait incarné au théâtre, celui d’une pom-pom girl poursuivant une star du basket incarnée par Anthony Perkins. Grâce à ce rôle elle obtient le Golden Globe de la révélation féminine de l’année.

Jane Fonda – Café de Flore Paris, 1961 by Willy Rizzo

Elle enchaîne avec La Rue chaude, drame adapté du roman de Nelson Algren se déroulant durant la Grande Dépression, où elle montre l’étendue de sa gamme de jeu, en incarnant une prostituée de la Nouvelle-Orléans. Le film est connu pour être le premier film hollywoodien à parler du lesbianisme. Fonda tient ensuite le rôle principal féminin de la comédie dramatique L’École des jeunes mariés, adapté d’une pièce de Tennessee Williams, incarnant une jeune femme qui se précipite dans un mariage incertain avec un vétéran de la guerre de Corée. Sa prestation lui vaut une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie et le long-métrage remporte un succès commercial.

Une femme française

Auberge de la Colombe d’Or in Saint-Paul-de-Vence, photo by Francois Pages, Sept. 1963

En 1963, elle vient en France pour tourner le thriller Les Félins de René Clément, le réalisateur de « Jeux interdits » (1952), avec Alain Delon. L’histoire ? En Amérique, Marc a séduit la femme d’un gangster. De retour en France, il est traqué, sur la Côte d’Azur, par des tueurs chargés de le supprimer pour venger l’honneur de leur patron. Pour leur échapper, il se fait engager comme chauffeur par deux riches américaines. On lui prête avec son partenaire Alain Delon une idylle avec Alain Delon qu’elle ne dément pas et qui profitera au lancement du film. Sa carrière fait une percée avec la parodie de western Cat Ballou, dans laquelle elle incarne une institutrice devenant hors-la-loi. Le film obtient cinq nominations aux Oscars et fait partie des dix plus grands succès au box-office de l’année 1965. Jane Fonda devient une actrice qui rapporte.

Jane Fonda dans La ronde dirigé par Roger Vadim, 1964

À cette époque, elle rencontre Roger Vadim, qui deviendra son premier mari en 1965  : « Un homme extraordinaire, totalement charmant, sexy, érotique, moitié russe, moitié français, complexe », se souvient-elle quarante ans plus tard. Il la dirige dans La Ronde, remake d’une comédie de mœurs ayant autrefois réuni Danielle Darrieux et Simone Signoret, que Vadim fait basculer dans un registre plus torride et qui fera scandale aux Etats-Unis. Elle dira « La France m’a appris l’érotisme« .

Jane Fonda dans Barbarella

En 1967,  elle jette au fond du panier l’offre du producteur italien Dino De Laurentiis : l’adaptation d’une bande dessinée aussi futuriste que délurée, Barbarella, de Jean-Claude Forest. Sophia Loren et Brigitte Bardot ont elles aussi balayé d’un revers de main la proposition. Mais c’était sans compter la vista et l’opportunisme de Vadim, qui rattrape le projet au vol et convainc Jane de d’accepter le rôle principal, tout en récupérant au passage le siège de réalisateur.

Jane Fonda et Roger Vadim avec la petite Vanessa.

Il fait d’elle un sex-symbol et mais également une mère avec la venue de la petite Vanessa en 1968. Le couple restera huit ans ensemble mais l’infidélité de Vadim aura raison du couple : « Il représentait tout pour moi. J’étais très naïve, très américaine, et totalement captivée par cet homme étrange. (…) Je pensais qu’avec lui je donnerais le meilleur de moi-même comme actrice, mais que je pourrais aussi me réaliser pleinement en tant que femme. »

Robert Redford, et Jane Fonda, dans ‘Barefoot in the Park’, 1967

Elle enchaîne avec une comédie Barefoot in the Park tournée avec Robert Redford. Le synopsis : Deux jeunes mariés, Corie et Paul Bratter, sont follement épris l’un de l’autre. Ils ont oublié le reste du monde. Hélas, la lune de miel terminée, les nouveaux époux ont des problèmes d’appartement sur lesquels ils ne sont pas tout à fait d’accord. Elle pense un peu trop à sa toilette pour être belle et plaire à son mari, lui, un peu trop à ses affaires pour gagner de l’argent et plaire à sa femme. Corie voudrait que son mari devienne moins guindé et soit capable de marcher « pieds nus dans le parc ». Commence alors une comédie délirante. Le film est adapté de la pièce de théâtre à succès de Neil Simon. A noter qu’en 1981, Thierry Lhermitte membre du Splendide jouera dans une adaptation de la pièce. Les deux monstres sacrés du cinéma américains sont aujourd’hui encore très liés.

Jane Fonda en novembre 1967

L’année suivante, l’adaptation du roman d’Horace McCoy par Sydney Pollack : On achève bien les chevaux fait d’elle une star internationale incontestée. En novembre 1970, Klute de Alan J. Pakula elle joue le rôle d’une prostituée traquée par un psychopathe. Elle sera oscarisée pour ce rôle.

Une femme engagée

Parallèlement, elle lance une campagne de soutien pour le Black Panthers Party et son leader récemment libéré de prison : Huey Newton. Ce dernier devient une célébrité. De gros dons de la part de l’establishment de New York et d’Hollywood affluent : Leonard Bernstein, Marlon Brando, Jane Fonda, Donald Sutherland, Harry Belafonte, Angie Dickinson et Jane Fonda. En 1970, elle décrit le Black Panther Party comme « notre avant-garde révolutionnaire ; nous devons les soutenir avec de l’amour, de l’argent, de la propagande et du risque ». Elle alerte également l’opinion publique sur la situation désastreuse des Amérindiens aux États-Unis. Elle devient l’égérie de la nouvelle gauche américaine. Elle se rend à Hanoï en juillet 1971. Durant cette visite, elle fait la tournée des écoles et des hôpitaux, on la verra casquée et juchée sur un canon antiaérien vietcong, pointé vers les avions américains.

Jane Fonda sur une base anti aérienne dans le Nord du Vietnam en Juillet 1972

En 1972, à Hanoï, elle est photographiée assise sur le siège d’un canon anti-aérien nord-vietnamien, coiffée d’un casque militaire. L’action de Jane Fonda au Vietnam fut violemment dénoncée par la classe politique américaine qui voyait en elle le symbole de l’antipatriotisme. Vingt ans après, Jane exprime ses regrets quant à sa pose sur la photo, avant de se raviser : « notre gouvernement nous mentait et des hommes mouraient à cause de cela, et je sentais que je devais faire tout ce que je pouvais pour dénoncer les mensonges et aider à mettre fin à la guerre ».

En 1972, elle tourne avec Yves Montand sous la direction de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin dans Tout va bien. Plus tard, les deux réalisateurs, en hommage à l’actrice, réaliseront un autre film : Letter to Jane, où ils commentent une heure durant la photographie de Jane prise lors de son voyage au Vietnam en pleine guerre, faisant à ce moment-là les gros titres de l’actualité.

En 1973, elle épouse le sénateur démocrate Tom Hayden, dont elle partage les engagements politiques. Ils ont un fils aujourd’hui acteur : Troy Garity

Après avoir obtenu un second Oscar pour Le retour en 1978 où elle joue l’épouse d’un vétéran du Vietnam, la vie de Jane Fonda ressemble a une success story à l’américaine, reine du Fitness, elle fait fortune avec des clubs et des cours de remise en forme et se marie en 1991 avec Ted Turner , magnat de la presse. Aujourd’hui, à plus de 80 ans, elle est à l’affiche de la série Netflix, Grace et Frankie. Une autre époque…

Share Button

Leave a Reply