Robert Conrad : L’acteur shérif


 En février 2020, le comédien Robert Conrad, âgé de 84 ans, nous a quitté. Chanteur, acteur et même assistant-shérif, Robert Conrad, alias James West et Pappy Boyington a eu une vie aux multiples facettes, ancré dans le subconscient pour deux séries marquantes des années 1960 et 1970, Les Mystères de l’Ouest  et Les Têtes Brûlées.
Né en 1935 à Chicago où il passe son enfance, Robert Conrad est le fils d’un responsable technique et d’une mère directrice des relations publiques sur le label musical Mercury Records. L’homme au regard bleu clair est un petit gabarit d’ 1 m 67 (ce qui en fait forcément quelqu’un de bien…) devient boxeur en catégorie poids plume, et alterne les petits boulots comme livreur de lait ou docker. Puis, cet habitué des cabarets se lance dans les années 1950 dans une carrière de chanteur sous le nom de Bob Conrad, sort plusieurs disques où il joue les crooners tout en prenant des cours de théâtre.

Ses premiers rôles dans des westerns

Intrigues à Hawaï (1959-1963)

Au milieu des années 1950, il va devenir un acteur en contrat avec un grand studio, comme beaucoup à cette époque. C’est ce que raconte notamment « Once Upon A Time… In Hollywood », le dernier film de Quentin Tarantino, dans lequel Leonardo DiCaprio incarne un comédien de séries westerns sous contrat, ce qui était le cas de Robert Conrad. Il en signe un premier avec Warner Bros, chez qui il va décrocher plusieurs petits rôles au cinéma, avant de s’illustrer dans la série d’ABC « Intrigues à Hawaï » entre 1959 et 1963.

Robert Conrad est James West dans « Les Mystères de l’Ouest » avec son fidèle acolyte Artemus Gordon.

En 1965, Conrad décroche, chez CBS, le contrat qui va le rendre populaire : la série Les Mystères de l’Ouest, produite jusqu’en 1969. Il y incarne James West, sorte de super shérif œuvrant pour les services secrets américains à la fin du XIXe siècle.

Homme d’action entièrement vêtu de noir faisant équipe avec Artemus Gordon (joué par Ross Martin), il y affronte d’étranges adversaires. Gadget, science, action, fantastique font bon ménage. Ironie de l’histoire, Robert Conrad endossera réellement l’étoile d’assistant shérif au milieu des années 1980.

Une tête brûlée

En 1972, Robert Conrad s’engage avec NBC dans la série Les Têtes brûlées. La série diffusée en France sur Antenne 2 entre 1977 et 1979, raconte le quotidien d’une escadrille de pilotes de Corsair casse-cou durant la guerre du Pacifique et la Seconde Guerre mondiale. Son héros, Greg alias Pappy Boyington, est un meneur d’hommes, un as du pilotage au grand cœur qui ne se sépare jamais de son chien, un bull-terrier surnommé Barback.

Gregory Boyington a vraiment existé : cette forte tête a été recrutée par l’armée américaine pour former une escadrille de pilotes  n’ayant peur de rien, qui va s’illustrer durant le conflit. Ces militaires sont tous âgés d’une vingtaine d’années, tandis que leur chef, Boyington, en a 30, d’où le surnom de « pappy » donné par ses pilotes. Après le conflit, l’homme racontera son parcours dans un livre, qui servira de base au synopsis de la série.

Bonjour shérif adjoint

Père de huit enfants, sa carrière au début des années 80 décline. Il ne tourne plus que dans des téléfilms qu’il produit lui même bien souvent. Après avoir quitté sa villa de Malibu il s’installe dans la Vallée de l’Ours, en Californie du Nord et accepte le poste d’assistant-shérif de la vallée.

En 2003, sous l’emprise de l’alcool, au volant de sa Jaguar, il percute un autre conducteur qui décède, à la suite de ses blessures. Reconnu coupable de conduite en état d’ivresse, Robert Conrad est condamné à six mois de prison avec sursis. Lui-même grièvement blessé dans l’accident, sa moelle épinière et ses nerfs ont été atteints, il est resté paralysé du côté droit. un destin de part et d’autre de la loi.

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