PLAYBOY : le lapin coquin


Le 27 septembre 2017 décédait une institution de l’érotismes de 50’s : Hugh Hefner alias « Hef », créateur de l’iconique Playboy.

Qui l’eut cru ? Le grand manitou de la presse érotique mondiale grandit dans une famille stricte de méthodistes où le sexe est tabou. Vierge jusqu’à 22 ans, marié à 25 ans et voguant de galère en galère au début de sa jeunesse, il crée Playboy en décembre 1953, son exutoire. Il laisse libre court  à sa vision du sexe comme instrument de libération. Il a alors 27 ans.

Naissance de Play boy en 1953

Mildred Williams la première femme de Hugh Hefner

Mais revenons un temps en arrière. À la fin de sa scolarité, Hugh Hefner intègre l’US Army à la fin de la seconde guerre mondiale. Après son service militaire, il  s’inscrit en psychologie à l’université de l’Illinois à Chicago. Le 25 juin 1949, il épouse Mildred Williams avec qui il a deux enfants : Christie et David. Les temps sont durs. En 1953, il décide alors de créer un magazine destiné aux hommes avec quelques photos de Marilyn Monroe nue, achetées 500 dollars. Le magazine se veut  libertin, festif et sensuel mais avec des articles de fond sur la société, le sport ou la politique… et sa playmate du mois. Bettie Page, Jayne Mansfield, Mamie Van Doren,… posent. Un succès.

Hugh Hefner en plein « travail » avec Cynthia Maddox en 1958

Au travail, Hugh Hefner, ne quitte pas sa pipe et a des pratiques bien à lui. Il accomplit son travail « par terre dans son bureau et ne s’assoit que très rarement devant sa table de travail». Plus tard, Il encourage ses employés « à donner libre cours à leurs pulsions sexuelles» et leur distribue de la déxédrine dont les propriétés neurostimulantes… ne sont plus à prouver. Le 4 juin 1963, Hugh Hefner est arrêté pour vente de littérature obscène. Ses frasques avec ses légendaires playmates agacent au plus haut point les autorités et les puissants lobbies défendant les valeurs chrétiennes. Pourtant, le patron de Playboy met son magazine, et sa fortune, au service de causes nobles, histoire d’agacer encore un peu plus l’Amérique puritaine.

Le 20 juin 1961 Hugh Hefner pose avec Bonnie J. Halpin « bunny-girl » du  Playboy nightclub de Chicago

Dès les années 1960, il prend position en faveur du droit à l’avortement. Dans les boîtes de nuit et les émissions télé Playboy, il invite des artistes noirs et défend leurs droits civiques. Son dernier combat portera sur le mariage homosexuel.  Il se déclare féministe avant l’heure « J’ai été féministe avant même qu’il y ait quelque chose qui s’appelait féminisme », déclarera-t-il plus tard « Les femmes ont été les grands bénéficiaires de la révolution sexuelle. Elles ont pu être des êtres sexuels naturels, comme les hommes. C’est là que le féminisme aurait toujours dû être.». Hefner, qui se vante d’avoir couché avec 1 000 femmes, adore s’entourer de ses « Bunnies » aux maillots serrés et queues de lapin. Il les fait parader à la moindre occasion. Hefner est persuadé que les filles biens aiment aussi le sexe. Idée quelque peu révolutionnaire dans les années 50. Grand psychologue devant l’éternel, Hef’ se justifie ainsi : « Ma vie est un test de Rorschach. Les gens y projettent leurs rêves, leurs fantasmes et leurs préjugés. Donc soit ils sont fans, soit jaloux, soit ils ne sont pas d’accord. »

Un manoir, un jet

Hugh Hefner dans son jet Douglas DC-9

Très vite, l’homme fait fortune. Il se déplace dans les années 70 à bord d’un Douglas DC-9 personnel, peint en noir et spécialement aménagé nommé Big Bunny. Le Big Bunny est aménagé et décoré par les architectes Ron et Suzanne Dirsmith comme un manoir miniature, avec des chaises pivotantes, une douche pour deux personnes, un énorme canapé-bar, une piste de danse et même un lit elliptique avec chaîne stéréo. Un must à l’époque. Le jet lui sert également à faire quelques escapades amoureuses… il faut bien entretenir la légende.

Joyeuse fête au manoir Playboy Mansion

L’ascension de Playboy s’accélère avec celle de la libération des mœurs des 60’s. Il achète un manoir, le Playboy Mansion à Chicago, sa ville natale, où il donne des fêtes sans fin dignes de… Berlusconi. Il immigrera ensuite vers Los Angeles. The place to be ! Les  acteurs, musiciens et toute la jet-set se précipitent dans ce haut lieu du  glamour et du vice. Dans les années 70, 7 millions d’exemplaires de Playboy inondent le monde. L’empire commercial est en marche. Films, émissions télévisées, « vêtements » succins, bijoux, accessoires se parent du plus célèbre lapin du monde. Les boîtes de nuit, casinos et hôtels n’y échappent pas non plus.

Hugh Hefner « travailleur » insatiable

Rédacteur en chef rigoureux, il n’hésite  pas à payer cher les plumes qu’il voulait avoir dans son magazine. Coquin oui mais intello aussi. Ainsi Malcom X, Mohamed Ali, Fidel Castro ou Steve Jobs seront interviewés par Playboy.

 

 

 

Des bunnies et des mariages

 

Hugh Hefner avec Sylvia Sydney, Joan Bradshaw and Caroline Mitchell en 1957

Côté cœur les mariages d’Hugh Hefner sont  plutôt couleur « blonde platine ». Il se marie, en 1989, avec Kimberley Conrad, « Playmate de l’année , il a 63 ans, elle en a 26. Ils ont  deux enfants. En 2010, il se fiance avec la playmate Crystal Harris qui  le quitte quelques jours avant la cérémonie. Deux ans plus tard, il épouse un autre petit lapin, Crystal Harris, 26 ans. Hugh Hefner  casse sa pipe neuf mois plus tard à l’âge de 91 ans.

Hefner avait acheté en 2009, sa tombe située à côté de celle de Marilyn Monroe au cimetière Westwood Memorial Park de Los Angeles. Il savait que  les mythes sexuels se comprendraient toujours.

Bettie Page – Playboy janvier 1955

Jayne Mansfield – Playboy février 1955

La première ‘Bunny of the Year’ Gina Byrams, 1970

Carol Eden – Playboy décembre 1960

 

 

 

 

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