Steve McQueen : la vie à toute vitesse


Terrence Steven McQueen, de son vrai nom, a commencé sa vie de tragique manière le 24 mars 1930 à Beech Grove dans l’Indiana. Orphelin d’un père aviateur acrobatique qui décède six mois après sa naissance et d’une mère, de 19 ans, qui l’abandonne dans une ferme, il part vivre à Los Angeles à l’âge de 12 ans avec sa mère revenue le chercher. Steve McQueen devient alors un adolescent incontrôlable et se mêle aux voyous de Los Angeles. Il s’engage finalement dans la marine marchande puis en avril 1947 rejoint les Marines à Myrtle Beach en Caroline du Sud. Il est pilote de tank et mécanicien dans la 2e division des Marines.

Il arrive à New York en 1950 et s’installe à Greenwich Village, où il loue une chambre avec lavabo pour 19 dollars par mois. Il travaille comme docker en journée et le soir fait du porte à porte pour vendre des encyclopédies.

Le mercenaire du cinéma

Au nom de la loi Steve McQueen (1958-1961)

A partir de 1952, Steve McQueen étudie la comédie à l’Actor’s Studio. Il fait ses premiers pas sur les scènes de Broadway dans la pièce A Hatful of Rain en 1955. L’année suivante, il tourne dans son premier film, Marqué par la haine, sous la direction de Robert Wise. Solitaire et impulsif  les studios ne le font pas beaucoup travailler. Il finit néanmoins par décrocher le rôle vedette du chasseur de primes Josh Randall, dans la série télévisée Au nom de la loi armé de sa carabine Winchester modèle 1892 à crosse et canon sciés. Il jouera au total dans 94 épisodes de 1958 à 1961.

Les 7 mercenaires avec Yul Brynner

L’année 1958 est pour McQueen un tournant avec  le premier rôle majeur de sa carrière avec Danger planétaire. Il enchaîne en  1960 avec Les Sept mercenaires aux côtés de Yul Brynner, Charles Bronson et James Coburn. Pour l’anecdote, il simulera un accident de voiture afin de se libérer du tournage de la série Au nom de la loi, pour jouer dans ce film situé aujourd’hui en bonne place dans le salon des cinéphiles. Il retrouve en 1963 le réalisateur John  Sturges à l’occasion de La Grande évasion dans lequel il suggère lui-même l’idée de l’évasion à moto, une séquence devenue mythique.

Natalie Wood et Steve McQueen dans ‘Love With The Proper Stranger’

Il donne également  la réplique à l’actrice qui monte, héroïne de La Fureur de vivre, Nathalie Wood dans Une certaine rencontre.

Un fou de sport mécanique

Également pilote moto, il dispute de nombreuses courses de désert de type « Baja » dans les années 1960 avant d’être sélectionné par la fédération américaine pour faire partie du « team USA » aux championnat du monde d’enduro par équipes en 1964. L’épreuve se déroule à Erfurt, en Allemagne de l’Est et attire un grand nombre de reporters du monde entier, du fait de sa présence. Au guidon d’une Triumph de 650 cm3, il abandonne le 4e jour, à la suite d’une violente chute.

Steve McQueen et sa Triumph Bonneville à Munich en Mai 1962

Steve McQueen est ensuite Le Kid de Cincinnati (1965), pour sa première collaboration avec Norman Jewison, avant de retrouver le réalisateur de ces débuts, Robert Wise dans La Canonnière du Yang-Tse en 1966. Son rôle lui vaut une nomination pour l’Oscar du meilleur acteur en 1967.

En 1968, Steve McQueen tourne deux de ses films les plus célèbres. Il donne la réplique à Faye Dunaway dans L’Affaire Thomas Crown dont la musique du film est signée Michel Legrand. Il enchaîne avec Bullitt au côté de Robert Vaughn, polar mythique dans lequel on retrouve la séquence de course-poursuite la plus incroyable de l’histoire du cinéma. Celle-ci dure en effet  8minutes.

La Ford Mustang verte GT 390 Fastback (V8 de 320 chevaux ) face à la Dodge Charger reste à ce jour l’un des seconds rôles les plus mythiques du cinéma. La bande-originale, d’inspiration jazzy, est écrite par Lalo Schifrin. Bullitt est un succès critique et commercial, gagnant l’Oscar du meilleur montage et une nomination pour la meilleure bande son en 1969.

Le Mans et son lot de mésaventures

Steve McQueen et sa Lola T70

McQueen tente encore alors de lier son amour pour la vitesse et les courses automobiles avec le cinéma à l’occasion d’un film tout à la gloire des sports mécaniques, Le Mans en 1971. Steve McQueen est un pilote émérite qui a été classé deuxième aux 12 Heures de Sebring à bord d’une Porsche 908 quelques semaines avant le tournage malgré un pied cassé. Il réalise lui-même la plupart de ses cascades dans ses films. À cette époque, les sociétés de production du cinéma lui interdisent de s’inscrire à des compétitions de sports mécaniques, il utilise alors le nom  d’emprunt Harvey Mushman pour y participer. Le tournage du film Le Mans s’avère éprouvant et fastidieux. Les assurances ne lui permettent pas de prendre le départ aux 24 heures du Mans mais sa voiture sert aux prises de vues.

Le réalisateur John Sturges, complice de McQueen pour Les sept mercenaires et La grande évasion, finit par jeter l’éponge devant les caprices de la star. Il est remplacé par Lee H. Kazin qui a toutes les peines du monde à gérer McQueen. Ce dernier ne cède qu’après avoir perdu les commandes du film pour des raisons de dépassement de budget.

La légende ne s’éteint pas

Steve McQueen et sa femme Neile Adams

Cette aventure malheureuse lui fait perdre beaucoup. Sa femme, qu’il avait épousé en 1956,  Neile Adams et qui lui donna deux enfants, claque la porte après des coups violents portés sur elle et  l’un de de ses amis, le pilote David Piper, est amputé d’une jambe à la suite d’un accident sur le tournage du film.

Guet-apens avec Ali McGraw

McQueen rebondit avec Guet-apens en 1971 où il rencontre Ali McGraw, qu’il épouse l’année suivante. En 1974, il tourne La Tour infernale  qui constituera son dernier grand succès. Après, McQueen ne devient l’ombre de lui-même. Sa paranoïa grandit de plus en plus et ses addictions prennent une grande place dans sa vie. Il prend du poids, porte la barbe et la rumeur décrit de supposés problèmes de toxicomanie. Le temps de la flamboyance est loin lorsqu’il effectuait deux heures d’exercices quotidiens, incluant de l’haltérophilie et un footing de cinq miles, et cela sept jours par semaine. Bruce Lee lui enseignait également  le Jeet Kune Do. Le comédien est en fait rongé par un cancer des poumons. Il tourne peu et finit par s’isoler au Mexique à Ciudad Juárez, à la recherche de nouveaux traitements pour se soigner. Il tourne alors son dernier film Le Chasseur, en 1980 avant de s’éteindre le 7 novembre de cette même année.

Steve McQueen et sa Jaguar XK SS

La légende Steve McQueen perdure encore aujourd’hui. On parle d’ailleurs de « Cool attitude » repris notamment par la marque Hero Seven. Ce grand collectionneur de voitures fait aujourd’hui le bonheur de photos tant l’homme avait bon goût ! Il ne se passe pas une édition des 24h du Mans sans que le nom de Steve McQueen qui en dépit de ses mésaventures participe à la renommée de cette course mythique.

 

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